INTttOMJCTIOïT.
ï
f
206
au point de la désirer. Mais quand ce paysan est sousles drapeaux , il s'y attache comme à une seconde pa-trie.
L’étranger est aussi dans l’erreur, lorsqu'il croit quele défaut d’instruction et de point-d’honneur personneldétruise tout esprit national et de corps. Sans doute, leRusse n’est pas attaché à son régiment par les liensqui retenaient un soldat républicain ou un vétéran ducamp de Boulogne à ses enseignes ; mais il l’est pard’autres considérations, par l’attrait qu’a pour l'hommele plus grossier, l’honneur de faire partie d’un corpsdistingué par ses exploits.
L’admirable institution de l’ordre de Saint-Georges,les augustes cérémonies des drapeaux auxquelles elledonne lieu , les médailles portées par le Souveraincomme par le simple fusilier , sont autant de preuvesqui démontrent combien le soldat russe est jaloux dedistinctions, et combien le gouvernement sait en tirerparti.
Elevé de la manière la plus rude , sous un climat ter-rible, il est le plus robuste de l’Europe , le plus capablede soutenir les fatigues et les privations. En effet , sacondition s’améliore beaucoup à la guerre. Il ne con-naît rien de plus sacré que ses devoirs ; soumis à l’or-donnance comme aux préceptes de sa religion , aucunefatigue, aucune intempérie ne peut lui faire négligerles obligations qu’elle impose. On voit dans toutes les|marches et durant une campagne entière le canonnier,près de sa pièce, au poste qui lui est assigné par le ré-glement, et à moins d’être frappé par le fer ennemi ouautorisé par son chef, il ne la quitterait pour rien aumonde. Le soldat du train cire son harnais au bivouac
si
rc
P 1
ni
fa
cc
ci
m
di
di
c<
pl
rc
tii
lit