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Tome premier. Introduction.
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Le plus sacré des devoirs, Sire, ainsi que le plus vif attachementnous portent à mettre sous vos yeux toutes ces conséquences dan-gereuses de la moindre apparence de faiblesse, en même tempsque nous vous présentons la masse des forces imposantes, qui doitêtre la sauve-garde de votre fermeté.

Nous devons encore vous annoncer, et même nous jurons à vospieds, que si des motifs qu’il nous est impossible d’apercevoir, maisqui ne pourraient avoir pour principe que l’excès de la violence etune contrainte, qui pour être déguisée n’en serait que plus cruelle,forçaient votre main de souscrire une acceptation que votre cœurrejette, que votre intérêt et celui de vos peuples repoussent, etque votre devoir de Roi vous interdit expressément, nous proteste-rions, à la face de toute la terre, et de la manière la plus solennelle,contre cet acte illusoire et tout ce qui pourrait en dépendre;nous démontrerions qu’il est nul par lui-même, nul par le défautde liberté, nul par le vice radical de toutes les opérations de l’as-semblée usurpatrice qui, n’étant pas assemblée d’états-généraux,n’est rien. Nous sommes fondés sur les droits de la nation entière ,à rejeter des décrets diamétralement contraires à son vœu exprimépar l’unanimité de ses cahiers; et nous désavoûrions pour elle, desmandataires infidèles, qui, en violant ses ordres et transgressant lamission qu’elle leur avait donnée, ont cessé d’être ses représentants;nous soutiendrions, ce qui est évident, qu’ayant agi contre leurtitre, ils ont agi sans pouvoir, et que ce qu’ils n’ont pu faire légale-ment, ne peut être accepté validement.

Notre protestation signée avec nous par tous les princes de votresang, qui nous sont réunis, serait commune à toute la maison deBourbon, à qui ses droits éventuels à la couronne imposent le de-voir d’en défendre l’auguste dépôt. Nous protesterions pour vous-même, Sire, en protestant pour vos peuples, pour la religion, pourles maximes fondamentales de la monarchie , et pour tous les or-dres de l’État.

Nous protesterions pour vous et en votre nom, contre ce qui n’enaurait qu’une fausse empreinte. Votre voix étant étouffée par l’op-pression, nous en serions les organes nécessaires, et nous exprime-rions vos vrais sentiments, tels qu’ils sont consignés au serment devotre avènement au trône, tels qu’ils sont constatés par les actionsde votre vie entière, tels qu’ils se sont montrés dans la déclarationque vous avez faite au premier moment que vous vous êtes cru libre.