LIVRE V, C1IAP. XXI. 7S
thème lancé contre tous les ex-nobles ; les Jacobins supposaientla trahison partout, et suivant le langage des clubs , il fallaitavoir donné des gages à la révolution pour obtenir la confianceabsolue du comité. On ne s’était pas contenté d’appliquer cettemesure aux chefs, on l’avait étendue aux subalternes, et unephrase d’un discours de Barrère bouleversa en un clin-d’œiîtous les états-majors de l’armée pour y introduire des hom-mes nouveaux, dont le plus petit nombre possédait les con-naissances requises pour l’exercice de ces fonctions délicates :les commissaires ne s’en tinrent pas au renvoi des nobles, iléloignèrent successivement tout ce qui jouissait de quelqueconsidération dans l’armée; leur fureur de nivellement n’a-vait point de bornes. Mais fen blâmant les mesures arbitrairesqui en résultèrent, on est forcé de convenir qu’elles ouvrirentun vaste champ à nombre de jeunes officiers doués de génieet capables de commander : le système du comité pouvait êtrebon, mais il fallait l’introduire successivement, à mesurequ’on découvrirait dans les rangs subalternes des officiersdistingués : il s’écoula au contraire plusieurs mois avant qu’onpût réparer le mauvais effet d’une secousse aussi violente, etl’intervalle entre le renvoi des anciens officiers et l’expérienceà faire des nouveaux , fut une époque de crise dont les suiteseussent été funestes, si les directions du comité, et de quel-ques représentants militaires, n’avaient suppléé en partie àla pénurie de généraux.
Le gouvernement venait de désigner Pichcgru pour rem-placer Landremont. Il se trouvait alors dans le Haut-Rhin ,et on ignorepourquoi il ne prit pas d’abord le commandement.
En attendant, les représentants fixèrent, leur choix sur Carlen,