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Tome quinzième. Campagne de 1801, 1802 et de 1803.
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HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

Bonaparte considérait cette mesure arbitraire comme un excès de zèle,nouvelle. ^ se berçait encore des plus douces illusions sur les fruitsdu système qu’il avait adopté , lorsque Vincent arriva à Pa-ris, avec la foudroyante nouvelle. Il ne s’agissait pas de se. livrer à des regrets superflus, ni de déployer l’imprudence

avec laquelle on avait contribué à l’élévation de l’ambitieux,en faisant tomber les armes des mains de Rigaud : il fallaitse résoudre ou à le soumettre par la force, ou à le recon-naître en traitant avec lui et en assurant le commerce exclu-sif de l’ile à la France.

Si en tolérant l’usurpation de Toussaint, on parvenait àgagner du temps et à assurer les avantages du protectorat etdu commerce à la république, nul doute que ce dernier partine fût matériellement plus convenable. Le colonel Vincentn’hésitait pas à lui donner la préférence ; et quoique l’em-ploi de la force semblât commandé par la dignité nationale,il le signalait comme dangereux et impraticable. Mais l’ar-deur avec laquelle cet officier s’était fait à plusieurs reprisesl’apologiste de Toussaint, avait inspiré au ministre de la ma- irine une méfiance qui mit en garde contre ses avis,il se décidé L e Consul ne se faisait pas une idée exacte des ravages duvengeance, climat, ni de la résistance qu’on éprouverait : il s’abusaiten mettant une expédition à Saint-Domingue en parallèle aveccelle d’Egypte. Le peu de ménagement qu’il avait montrépour Toussaint, en ne répondant point aux lettres particu-lières qu’il lui adressait, prouvent que le premier des noirs,en se proclamant l’égal du premier des blancs (1), lui avait

(i) Toussaint écrivantà Bonaparte, s’était servi de cette apos-trophe, où il est à remarquer qu’il se nommait le premier.