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Tome quinzième. Campagne de 1801, 1802 et de 1803.
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LIVRE XIX , CHAP. CXI1I.

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paix n’était ni sûre ni nécessaire. L’opposition , par un mo-tif contraire, approuvait la paix, mais en blâmant ses stipu-lations, qui, au dire de Sliéridan même , entraînaient la dé-gradation nationale : tristes pronostics pour la durée d’untraité, dans un pays où l’intérêt particulier, indivisible del’honneur national, est la première des vertus , le plus saintdes devoirs! C’était la première fois depuis la guerre, qu’onvoyait voter les Fox, les Schéridan, dans le même sens queles appuis constants du ministère. Pitt ajouta à l’étonnementpublic en se proclamant le défenseur d’un traité qu’il avaitmis sa gloire à ne pas signer. Au reste, les débats qui eurentlieu dans la chambre haute, prouvent combien tout ce quitient à la politique extérieure , offre de nuances diverses se-lon qu’on l’examine à travers le prisme des passions ; ilsmontrent en même temps l’aptitude des Anglais pour cessortes de discussions. Les partisans du ministère s’appliquè-rent à démontrer l’avantage de l’acquisition des îles de Cey-lanet de la Trinité ; l’une placée en vedette des vastes posses-sions de l’Inde, l’autre heureusement située pour observerl’Amérique méridionale, et servir de point de départ offensifcontre les riches provinces espagnoles de Caracas et de Vene-zuela, ou contre les possessions françaises et hollandaises dela Guyane. La sanction des conquêtes faites sur Tippoo, etl’affranchissement de l’Egypte, n’échappaient pas non plusà ces apologistes.

Lord Spencer attaquait, il est vrai, le traité avec des ar-guments plus spécieux que solides, mais assez puissants poursoulever l’orgueil national qu’il prétendait offensé. « On n’a-» vait tiré, disait-il, qu’un faible fruit d’immenses sacrifices;