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HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
multitude avec une froideur qui contrastait d’une ma-nière frappante avec l’enthousiasme qu’on avait montré pourle premier.
Les mêmes objections furent reproduites dans les deuxchambres, à la lecture du traité d’Amiens ; lord Grenvilleles attaqua avec sa logique forte et concise ; il s’appliqua àdémontrer que le ministère, en rendant à la France toutesses colonies, n’avait rien fait pour diminuer sa prépondé-rance sur le continent. Depuis les préliminaires, le Consultade Lyon avait doublé l’influence de Bonaparte sur l’Italie :le bruit de la cession de la Louisiane à la France , tenue se-crète depuis deux ans, commençait à répandre l’alarme enAmérique, aussi bien qu’en Angleterre : enfin la mort duduc de Parme faisait tomber ce duché entre les mains deBonaparte, à qui l’ile d’Elbe était déjà assurée.
Tous les partis se réunirent, et l’animosité fut poussée si jloin, que Windham reprocha même au ministère d’avoir pris jdes mesures dérisoires pour garantir l’indépendance de 1Malte, en la plaçant sous la sauve-garde d’une puissance jdont les Français occupaient les rades et bloquaient en quel-que sorte la capitale.
Le ministre Hawkesbury répliqua que l’influence acquisepar la France sur un des états secondaires du continent,n’intéressait l’Angleterre qu’indirectement, et qu’excepté unpetit nombre de cas, on ne pouvait admettre qu’une raisonde cette nature sulfit pour s’engager dans une guerre inter-minable. Il observa en outre que l’état continental sanc-tionné par la paix de Lunéville, autorisait d’autantmoins unerupture, que la Russie et la Prusse avaient reconnu les chan-