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HISTOIRE DES GUERRES DE I,A RÉVOLt'HOX.
tive. Ces précautions, très-sages en cas de guerre maritime,ont été critiquées sévèrement ; on a prétendu que les esca-dres de Rochefort et de Brest ne devant pas effectuer leurdébarquement sur le même point, on eût pu se dispenser deles faire naviguer ensemble : chacune pouvait sans craintese rendre à sa destination, puisqu’il n’y avait pas de combatnaval à redouter. On a aussi reproché au projet, d’indiquerle rassemblement sur la côte même de l’île , où il importaitd’arriver à l’improviste; il semblait en effet tout aussi natu-rel de se réunir à la Guadeloupe, pour cingler ensuite deconcert sur les différents points de la colonie où l’on voulaitdescendre, sans assigner de rendez-vous secondaires, propresseulement à retarder la marche.
Cependant il n’était pas probable qu’on prit le méfiantToussaint au dépourvu , car l’armement n’avait pu se fairesans qu’il en transpirât quelque chose ; et les noirs n’auraienteu que les officieux avis des Anglais et des Américains, qu’ileût été absurde de fonder le succès de l’expédition sur lachance d’une surprise.
Quoi qu’il en soit, la réunion eut lieu au cap Samana avecassez de lenteur ; l’escadre y arriva en plusieurs détache-ments à de longs intervalles, en sorte qu’elle mit plus dequinzejoursàcette opération. Latouche-Tréville y jeta l’ancrele premier, avec l’escadre de Rochefort. Villaret qui avaitperdu plusieurs jours à attendre la division de Lorient à lahauteur de Belle-Ile, après être ainsi tombé dans une sériede mauvais temps sans pouvoir la rallier, fut obligé de conti-nuer seul sa navigation; incident d’autant plus fâcheux, quel’escadre attendue ne portant pas mille hommes, ce n’était
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