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HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
L’escadreentre dansla passe*
du Haut-Cap. Aussitôt qu’il fut instruit de la prise du fortDauphin à sa droite, et du débarquement opéré contre sagauche, il jugea qu’il était temps de quitter la ville; il donnaà la fois l’ordre de la retraite et de la destruction pour la-quelle tout était disposé. IJ mit ensuite le feu à la ville, etlaissa une arrière-garde, autant pour couvrir sa marche ré-trograde que pour entretenir l’incendie.
Cette cité à peine relevée de ses ruines, devint presqu’enentier la proie des flammes et les établissements publics sur-tout furent beaucoup plus endommagés qu’en 1793. Lessoldats de Christophe et les esclaves libérés saccagèrent lesmaisons sans distinction, et massacrèrent plusieurs habi-tants. Le reste de la population blanche , témoin de ce dé-sastre, avait eu le bon esprit de se jeter dans les Mornes dela Vigie, avec la municipalité conduite par le brave Thélé-maque; elle parvint ainsi à échapper au cruel traitement quelui préparait Christophe. Le projet des noirs était d’entraî-ner tous les Européens dans les Mornes, autant pour en fairedes étages que pour prouver aux Français la résolution oùils étaient de se défendre à outrance. L’ordre réitéré de serendre au Haut-Cap, éludé par Thélémaque pour le bonheurde tous, atteste de reste le sort qui l’attendait s’il l’eût exé-cuté. Cependant celte heureuse désobéissance aurait eu unterme si la tète de colonne de Hardy n’eût délivré les blancsd’une plus longue agonie, en couronnant les hauteurs duHaut-Cap, d’où elle culbuta sans peine l’arrière-garde deChristophe.
Enfin l’escadre se présenta dans la passe, et trouva lespremiers forts abandonnés. Celui de Bel-Àir lâcha quelques