LIVRE XIX, CHAI’. CX1V.
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cadre, contrariée par les vents, avait mouillé à une lieue dela ville ; deux vaisseaux s’embossèrent sous le fort Bizoton ,et autant de frégates se disposèrent à balayer la plage oùBoudet effectua son débarquement le 6 février à la pointe dujour, à l’aide de deux radeaux construits dans la nuit et armésde canon.
La présence d’esprit du général Boudet entraîna le chefde bataillon Bardet, commandant du fort, sous les drapeauxrépublicains. Cet événement sauva Port-au-Prince où Boudetput se diriger en même temps que l’escadre vint s’embosserdevant le quai. Les noirs commandés par Lamartinière n’enfirent pas moins plusieurs décharges, dans lesquelles le gé-néral Pamphile-Lacroix, quelques officiers delà suite de Bou-det et 200 hommes, furent mis hors de combat. Les grena-diers français indignés de cette audace, s’élancent alors surles retranchements, y pénètrent, et poussent les noirs avectant d’impétuosité, qu’ils entrent pêle-mêle avec eux dansle fort S-Joseph. A sept heures du soir, les Français se trouvérent maîtres de la ville, qui fut ainsi sauvée de la dévasta-tion et de l’incendie.
Dessalines, instruit à S l -Marc de l’approche des Fran- Dessalines,çais, y avait réuni de force tous les blancs, pour mar- ^ta'rdau* 1 *cher avec ses Caffres au secours du Port-au-Prince. La nou- ^epiTe!velle inattendue du succès de Boudet, qu’il reçut en chemin,lemithors de lui. Il rallia les débris de Lamartinière, et sereplia parles Yérettes et l’Àrtibonite sur la Petite-Rivière,brûlant toutes les habitations, et massacrant sans distinctiond’âge ni de sexe, les blancs qui tombaient dans ses mains : ainsile beau quartier de l’Arcahaye fut changé en désert.