154 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
pactes successivement présentés depuis deux ans, ne va-riaient en effet que sur des accessoires presqu’impercep-tibles pour l’étranger qui n’eût pas été à même d’observerde près la nature des passions aux prises dans cette malheu-reuse lutte.
^Ttisfôir/ 6 ^ ^ aut néanmoins l’avouer, ces nuances dans les formesles partis, n’étaient que des prétextes dont les fauteurs de discorde seservaient pour renverser ce qui existait. Si toute la questionqui divisait les partis, se fût réduite à décider, que le gou-vernement central ne se mêlerait point de l’administrationintérieure des cantons, et les laisserait se régir eux-mêmes, lerapprochement eût été facile à opérer; aucun Suisse n’eût re-fusé quelques concessions, et la dernière charte eût aisémentsatisfait à tous les besoins. Mais il s’agissait de statuer à lafois sur les principes, les causes et les résultats de la révo-lution : c’est-à-dire qu’il fallait rendre aux Bernois ceux deleurs anciens sujets qui désiraient rentrer sous leur domina-tion ; reconnaître l’indépendance du canton de Vaud; statuersur le sort de l’Ârgovie, accorder une part aux anciens su-jets des cantons, et surtout à ceux de Zurich, Bâle, Fribourg,Thurgovie et S'-Gall : or , c’était sur ces points capitaux queles avis différaient principalement, et à moins d'une inter-vention puissante , il riy avait que le temps ou la force quipussent en décider.
Protestation Les événements ne tardèrent pas à prouver cette vérité.
des petits . , t
cantons. Les petits cantons instigués, déclarèrent ouvertement dès le6 juillet, qu’ils ne reconnaîtraient jamais cette constitutionqui les soumettait aux lois odieuses d’un gouvernement uni-taire. Ils nevoulaient, disaient-ils, que la liberté conquise par