LIVRE XIX, CHAP. CXV. 155
leurs ancêtres, vouant haine éternelle à tout ce qui semblaity porter atteinte.
Le Landamman et le Sénat, trop faibles pour les contrain-dre, assemblèrent néanmoins quelques troupes à Lucerne, etnommèrent des commissaires pour aller porter chez les ré-fractaires des paroles de paix, tout en les menaçant de l’em-ploi de la force. Les deux partis restèrent ainsi en présence,cherchant à démêler la part que prendraient la France, l’Au-triche et l’Angleterre à leur conflit.
L’embarras de ses finances ayant mis le gouvernementhelvétique hors d’état de lever les milices sur lesquelles ilcroyait pouvoir compter, la France avait jugé nécessaire delaisser la division Montchoisi en Suisse, jusqu’au milieu de1802. Celte mesure, contraire au traité de Lunéville, nedonnait pas seulement des griefs à l’Autriche et à l’Angle-terre ; l’empereur Alexandre même, intercédait près du pre-mier Consul, en faveur de ce pays : dès-lors il était facilede prévoir que l’occupation aurait un terme, et que les deuxpartis en viendraient bientôt aux mains. Le seul moyen deprévenir ce mal eût été, comme nous l’avons dit, de recon-naître à Lunéville les bases du gouvernement existant ; maisl’oubli de cette précaution ne laissait guère entrevoir lapossibilité d’y remédier, à moins d’une nouvelle réunion deplénipotentiaires, qui eût remis en question tout ce qu’oncroyait avoir réglé à la paix définitive..
S’il était délicat pour la France ou l’Autriche, de propo-ser un tel amendement ; c’était au contraire un devoir pourle gouvernement helvétique de le provoquer de tous se*moyens, en démontrant aux cabinets les conséquences pro-
Le sénatenvoieAndermatavec destroupesà Lucerne.