188 HISTOIRE DES GUERRES DE LA RÉVOLUTION.
suprématie des bourgeois de leurs villes capitales; à 200mille Vaudois qu’ils devaient renoncer à la démocratie ab-solue ; à ceux de Schwitz, au contraire, qu’ils pouvaientconserver leurs institutions populaires, mais sans prétendredominer en petits despotes sur leurs voisins des pays mixtes:enfin, de prouver aux patriciens des anciennes capitales,qu’il était juste d’admettre dans leur sénat quelques députésdes campagnes; et aux Bernois, qu’il fallait encore recon-naître l’indépendance des cantons de Yaud et d’Argovie. Detels résultats ne sont pas du nombre de ceux qu’on peut at-teindre par des discussions; il fallait une force supérieurequi imposât des sacrifices à tous, protégeât les nouvelles ins-titutions, et put les mettre à l’abri des attaques de l’égoïsme,jusqu’à ce que le temps les eût consolidées.
Embarras Dès que la médiation officieuse et la persuasion ne pou-à prendre va ' en l rien obtenir, et que le médiateur avait des concessionspour régler réciproques à imposer par une volonté ferme, sa tâche deve-naît pénible. L’idée de donner entièrement gain de cause àl’un des partis était inadmissible ; car loin de produire la fu-sion désirée, c’eût été perpétuer les germes de révolution etde guerre civile : dès-lors il ne s’agissait plus que de déci-der de quel côté on exigerait les plus grands sacrifices. S’ap-pliquerait-on à consolider les intérêts nés de la révolution,ou bien chercherait-on à se rattacher le cœur des ancienspatriciens, en faisant droit à la majeure partie de leurs pré-tentions ?
Rétablir le fédéralisme, et donner plus de poids aux an-ciennes familles dans les grands cantons, en rétablissant legouvernement de la multitude dans les petits, c’était faire