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Tome second.
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POUDRE.

Epreuves des Poudres.

L’ordonnance du a 5 octobre 1769, sur l’épreuve des Poudres, a étéplacée par un arrêté du Gouvernement, du 17 germinal an vu ; on a traduitîes anciennes mesures en mesures nouvelles ; les autres changemens sont ;la portée, qui, fixée auparavant à go toises pour les poudres neuves , l’aété à 102 : les grains de lumière qu’on doit mettre en platine aux éprou-vettes , pour être d’un diamètre constant : la fabrication des éprouvettes ,qui ne doit plus avoir lieu qu’a Paris , pour en avoir de plus exactes : et lecerclage en cuivre des barils de poudre qu’on propose d’employer à l’a-venir, pour éviter les radoubs dangereux que les cercles de bois nécessitentsouvent. Quant aux différences que l’on trouve dans quelques mesures re-latives de l’ordonnance et de l’arrêté, elles proviennent bien plus dessubdivisions des nouvelles mesures, qu’on a voulu employer en nombrerond, que de l’intention de les changer, si on excepte cependant le ventqui, réduit de moitié, n’a plus permis de vérifier si les Poudres anciennesavaient été fabriquées mauvaises, ou s’étaient détériorées, etc. On croitpouvoir se permettre quelques observations sur cet arrêté, sans craindred’offenser les officiers distingués qui l’ont proposé ; pour ne pas adopterl’opinion des personnes, on 11’en est pas moins pénétré d’estime pour elles.

On dit, dans le préambule de l’arrêté, qu’on avait d’abord pensé à sub-stituer au mode d’épreuve ordinaire , celui de tirer contre un pendule : ondonne ensuite les raisons pourquoi on ne l’a pas fait ; ce mode en effet se-rait coûteux, difficile, long et embarrassé de calculs que tout le monde neferait pas , etc. C’était, je crois, une mauvaise pensée qu’il ne fallait pasconfesser au public, parce qu’à Paris , où le désœuvrement, l’ennui, lacupidité, les prétentions, tourmentent tant de gens, où le. moindre abonnéd’un Lycée se croit un Borda ; le premier intrigant qui lira ce nouveauin ode d’épreuve croira l’avoir imaginé, et assiégera législateurs, généraux:et ministres , pour le faire mettre en pratique à l’Artillerie.

Le Grain de lumière en platine (1), malgré son éternelle durée , est unluxe superflu ; car s’il s’agit de comparer des Poudres entre elles, en lestirant alternativement à la même éprouvette , on est sûr de les bien juger :s’il s’agit d’atteindre la portée fixée pour la vérification , on l’obtient tou-jours au-delà avec l’éprouvette, si la Poudre est réellement bonne ; etcomme c’était avec cet instrument et cette lumière, un peu plus ou un peumoins grande, qu’on l’obtenait aussi par le passé, et qu’on voudra toujourscomparer à la portée de l’ancienne Poudre, celle de la nouvelle, pour con-naître leur force relative, il fallait conserver le grain tel qu’il était, et laisseraux besoins des autres arts ce métal précieux et rare. Ces nouveaux grainstenteront la cupidité; ils coûteront 120 francs; ainsi 4° éprouvettes qu’ilfaut au moins en France , coûteront 24 ° francs d’intérêt par an. On fabri-rue 4 millions de Poudre. On tire un coup par 2 milliers , voilà donc 5 ocoups que tire chaque éprouvette : le grain ordinaire supporte au moins1000 coups, ainsi il durera 20 ans, au bout desquels il coûtera 6 francs àfaire remettre dans un Arsenal, ce qui fera 240 fr., précisément £ de ce quecoulent les grains de platine.

( f ) Par decision du 22 fructidor an x, ou a remplacé ce grain de platine par ^tu cuivre.