SUR LES BOUCHES A FEU. 767
L'inflammation delà Poudre que Robins regardait comme instantanée,est successive. Huttondit, presque instantanée (ï), puisque la presque tota-lité des charges s’enflamme dans des temps extrêmement courts (pag. 4 *)*
La résistance que l’air oppose aux projectiles égaux qui le traversent estcomme le carré de leur vitesse, si cette vitesse est telle qu’ils ne laissentpoint de vide après eux; mais s’ils en laissent, ce qui arrive lorsque cettevitesse excède i3oa-pieds par seconde, qui est celle de l’air rentrant dansle vide, cette résistance devient triple, suivant les uns (L.), et quadruple
suivant, d’autres (L. M.).
La résistance de l’air sur les boulets est, en raison , composée de leursurface, et au moins du carré de leur vitesse, suivant que cette vitessec $t plus ou moins grande que celle de l’air rentrant dans le vide. ( Quelquesexpériences semblent prouver que la résistance augmente dans un plusgrand rapport que les surfaces C. ).
Les Vitesses initiales des boulets égaux, tirés avec la même charge, dansles mêmes pièces, sont égales; quel que soit l’angle de projection (L. H.)*Ce principe est contestable, dans une pièce inclinée, le boulet pèse plussur la Poudre ; plus de poudre s’enflamme, etc. (L.).
Les Vitesses des boulets de mêmes poids et calibres, poussés par des char-ges inégales, sont à-peu-près, en raison des racines carrées, des quantitésde Poudre (une petite différence en moins, a lieu dans les charges consi-dérables). H. et IL disent que ces Vitesses sont comme les racines carréesdu poids des charges, tant que les charges n’excèdent point le poids duboulet.
Les Vitesses des boulets de différons poids , mais de même volume,chassés par des charges égales , sous le même angle, sont, en raison in-verse, à-peu-près, des racines carrées de ces poids. Le plus léger précède leplus pesant : celui-ci ne le dépasse que lorsque la résistance de l’air a dé-truit la différence des vitesses (C.) ; donc les balles de fer auraient plus deportées que celles de plomb ; mais cet avantage n’existe qu’avec des chargesfaibles.
Les Vitesses données à des boulets de différens poids, par des chargesinégales, sont à-peu-près, en raison composée de la directe des racinesdes charges, et de l’inverse des racines, du poids des boulets (H.); doncles boulets allongés en cylindre seraient préférables (Guyton de Morveau en avait proposé de semblables); mais le tir de ces boulets est trop incer-tain par leur déviation. Ceux mis à l’épreuve par Hutton étaient entrés detravers dans le pendule placé à quelques toises du canon (V.). On voit déjà,par cet exemple, que quelquefois l’estimation de l’effet, par la Vitesse, estvicieuse (2) ; donc les boulets creux remplis de plomb, ceux de plomb, oude matière plus pesante que le fer seraient avantageux ; donc, en diminuantle vent, on aurait un boulet plus pesant, de plus d’effet; et on pourraitdiminuer la charge si on ne voulait obtenir que le premier effet.
(1) Euler dit : que si la vitesse (l’un projectile est de 1700 pieds ang an- par secoue e,l'inflammation successive ne la diminue que de 40 pieds , et que la per e pai e venet par la lumière n’est que de i<y pieds ( page 240. ) . ..
(a) La confiance qu’on porte à toutes ces théories pourrait encore e re un peuébranlée, lorsqu’on voit ( H, nage 161 ) que les Vitesses calculées par le pendule,et par le recul du canon suspendu, diffèrent de plus de 3 oo toises dans plusieursépreuves. Qu’un boulet de fer ( expérience faite en Russie , par RornomJ.li ), pesant3 livres, tiré par une pièce de 32, calibre de longueur avec une charge de ^ liv. douuedes Vitesses doubles de celles que la théorie fait trouver a Lombard.