SUR LES BOUCHES A FEU.
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À l’article Lumière on a donné le moyen de remplacer sans risque, sansinconvénient, le porte-feu dans tous ses avantages.
Ce même Général pense que l’accroissement bien réel de force qu ontreçu les Poudres, sur celles employées dans les guerres de Flandre, sontune des plus grandes causes du peu de résistance et de durée des Pièceséprouvées en 1786 ; il trouve la nouvelle Poudre d’un grain moitié pluspetit que l’ancienne, et supposant ces deux espèces de grains à-peu-prèsronds, il dit que dans deux charges égales en poids, la Poudre nouvelleprésentant à l’inflammation une surface à-peu-près double de celle de l’an-cienne , elle sera consumée en entier, tandis que la charge d un égal poidsde 1 ancienne, 11e le sera qu’aux | : et que le ^ restant exigera pour sa com-bustion, à raison de la moindre surface de ses grains , un temps à-peu-pièségal à celui qu’il a fallu pour la combustion des 3 premiers quarts. Ainsila Poudre nouvelle dans le temps de la combustion, fournira un fluideélastique plus dense, qui agira avec bien plus de force pendant tout ce tempssur le boulet en proie à son action; donc, etc.
11 y a beaucoup d’observations contraires à cette opinion, qui peut-êtrela détruisent. Ce*Général, je crois , a cité lui-même de la Poudre faite aucommencement du dernier siècle, qui a soutenu légalité de portée, avecla Poudre faite à la fin du même siècle... Pourquoi ce dernier quart de Pou-dre , sur lequel ce Général appuie sa théorie reste-t-il aussi long-temps as’enflammer que les 3 premiers quarts ? Presque toutes les théories sur laPoudre sont fausses, jusqu’à présent, quand il s’agit de l’appliquer auxgrandes armes : ainsi une Pièce de 6 a tiré 100 coups à j, du poidsdu boulet, et a donné des portées moyennes égales : ainsi, dans le 6 et dansle 24, des Poudres de 90, too, 1 :o, 120, i3o toises de portée d’épreuve,ont donné des portées moyennes égales (C)... Ce n’est que relativementaux petites armes, qu’il peut y avoir des Poudres fortes ou faibles (Proustj.
Enfin, si le raisonnement que fait ce Général était concluant,.il.s’ensui-vrait que les mandes Bouches à feu donneraient de plus grandes portées ,avec des charges de Poudre de chasse, ou à plus petits grains que laPoudrede guerre ; mais on sait que c’est tout le contraire.
Ce Général s’étonnant toujours de ce que les Pièces de siège et de placeavaienten tant de durée dans les guerres de Flandre, si lécondes en sièges ,et en avaient si peu depuis l’introduction du forage, faite à-peu-près aprèsces guerres ,'introduction à laquelle il applaudit beaucoup, attribue cettedurée à la façon de s’en servir. Os Pièces, dit-il, préludaient pour ainsidire au tir de plein fouet , par le tir à ricochet fait à petites charges. Dansce tir à ricochet, le boulet loin de nuire à la Pièce ne faisait que clamer ,par ses battemens, les parois de son ame, et la rendant plus dure lui don-nait cette force de résistance nécessaire pour battre ensuite en brèche. .. Jene crois pas que l’Artillerie française, et ce Général qui y a rempli les plusbrillantes fonctions aux sièges de lloses, etc. aient oublié d’y employer cespréludes conservateurs des Pièces de siège... Cette ame ainsi e/mviee étaitdonc parsemée de battemens multipliés en creux inégaux ? La paroi ainsiparsemée de creux, cessant d’être unie , 11e pouvait nullement icsistei, mau tir a ricochet, ni à celui de plein fouet. O11 redoute a tel point ces e-gers affaisseuiens, que dans les épreuves des Canons on allése 1 ame poul-ies effacer après les 4 coups d’enreuve, où le boulet n’est tire que 2 lois ala même place.
Ces opinions sur le peu de résistance des Pièces étant appréciées, voyonsCê.que peuvent nous apprendre les épreuves de Douai , laites en 1786.