ÏOo 6 , MANOEUVRES
et reculez encore l’Affût . Faites la tenaille sur les flasques mêmes, en com-mençant de mettre les leviers en travers sur les flasques : reculez l’Affût ,et vous placerez ainsi la Pièce entre Jes flasques aussi avant qu’il sera pos-sible. Pour soutenir le Canon ainsi élevé, soit pour reculer l’Affût , soit,pour placer les rouleaux dont on va parler, et jusqu’à ce que la Pièce portesur ces rouleaux , on placera un rouleau debout sous le collet de la Pièce,et 2 leviers en tenaille tout contre, ce qui sera suffisant pour la soutenir.Tirez sur les retraites pour tendre la prolonge; ôtez les autres leviers dela tenaille ; placez 2 rouleaux en travers sous la Pièce et sur les flasques,l’un aussi près que l’on pourra de l’entre-toise de lunette ; et l’autre le plusavant possible. Passez un levier dans l’anse, et tournant le dos aux rouespour éviter les accidens (1), un homme contiendra la Pièce. Placez les au-tres rouleaux sous les flasques, l’un tout près des crosses, l’autre à quelquedistance. Faites avancer l’Affût en embarrant des leviers dans les rais,comme si on voulait le mettre en batterie. Si les rouleaux sous la Pièce sontarrêtés en avançant, par les chevilles, soulevez la Pièce avec des leviers , etrepîacez-les en avant de ces chevilles. Observez de commencer à placer tou-jours le rouleau qui porte la volée (2), parce que, arrêtée en arrière par Jatête des chevilles de l’Affût, la Pièce glissera moins. Lorsqu’un des rouleauxsous les flasques sera en arrière des crosses, reportez-Ie en avant. Continuezà faire avancer l’Affût , et par conséquent la Pièce, jusqu’à ce que les tou-rillons soient vis-à-vis leur encastrement, en sorte qu’en pesant sur la vo-lée, ou la soulevant par le moyen des leviers en croix, 011 puisse tire’r lesrouleaux, et placer la Pièce comme elle doit être.
Si l’on a des chevaux, attelez-Ies aux crochets de tête d’Affut , arrêtez lesretraites à un rai des roues, et faites avancer ainsi la Pièce ; la manœuvreen sera plus prompte.... Si le terrain est difficile, faites des pans de roue....Si la Pièce n’avance pas également, faites lâcher la retraite du côté où elleavance trop.
On peut aussi faire cette manœuvre sans faire avancer l’Affût . Pour cela,plantez 2 piquets, contre lesquels on fera appuyer la crosse de l’Affût ; pla-cez sous chaque tête de flasque un pointai ou un bloc, sous la tête d’Affûttout simplement, assez haut pour que les roues, ne touchant plus terre,puissent tourner avec aisance. Le reste de la manœuvre se fera comme ilvient d’être décrit.
Si on manquait de morceaux de leviers ou de chantier pour équiper aubouton, on y attacherait simplement la prolonge par un nœud d’artificier ;mais alors la prolonge sera sujette à tomber de dessus les moyeux.
Si on manquait de prolonge, on unirait deux traits , on arrêterait un boutpar un nœud allemand , au bouton de la Pièce; on équiperait l’autre à unmoyeu en dedans de l’Affût , par le moyen d’un pointai mis sous la tête duflasque, en avant de l'essieu ; du côté de ce moyeu, on éleverait la roue d’ipouce ou a , et l’on calerait l’autre. Quatre hommes , avec 2 leviers, ma-nœuvrant à la roue équipée, lèveront la Pièce. Pendant la manœuvre , 1111homme embarrera contre la culasse, du côté de la prolonge, et un hommede l’autre côté, contre la volée, pour contenir la Pièce, et l'empêcher de
(1) Toutes les fois qu’on contient un fardeau par le moyen d’un levier , l'hommequi le contient doit être tourné du côté par où le fardeau peut s’échapper, et avoirson levier par conséquent entre ce lieu et son corps, pour que le fardeau', entra**nant le levier, ne l’eu frappe pas.
(2) M. P. dit la culasse.