SUR. LES PONTS MILITAIRES. J.2I7
Conducteurs, faisaient éprouver au Pont des secousses violentes ; les Che-valets s’enfoncaient inégalement sur un fond vaseux., d’où résultaient desondulations et des inclinaisons qui augmentaient les secousses, et faisantécarter les pieds des Chevalets , causèrent 3 ruptures dans le Pont .
A 8 heures , 3 Chevalets s’écrasèrent. Le G. C. Lblé fut consterne de.cetévénement, auquel on n’avait pas eu le temps d’obvier. Les Pontonniersétaient harassés de fatigue, réunis par compagnies au bivouac, avec leursOfficiers; les menaces eussent été infructueuses pour les ramener ; mais laVoix de l’honneur, et leur respect pour le G. C. Eblé , leur lit reprendre desuite leur travail : 011 ne prit qu’une moitié des Ouvriers ; à 11 heures, lePont fut praticable, et les Voitures continuèrent leur marche.
Le 27, à 2 heures du matin, 3 Chevalets se rompirent dans l’endroit leplus profond de la Rivière. La seconde moitié des Pontonniers, qui avaitreposé, vint rétablir cette rupture, qui donna plus de peine : durant cetemps, le G. C. Eblé lit faire sous ses yeux des Chevalets améliorés; la(communication fut rétablie entre les 2 rives, à 6 heures. Enfin , à 4 heuresdu soir, 2 Chevalets se rompirent encore ; cet accident fut réparé au boutde □ heures.
Au Pont de droite, où ne passaient que des Hommes et des Chevaux, lesChevalets résistèrent; mais les planches du Tablier, mises en 3 lits, uséespar leur emploi précédent, et n’ayant pu être, fixées solidement, se déran-geaient sans cesse, et se brisaient sous les pieds des Chevaux : d’où résul-taient des trous et autres accidens ; pour les diminuer, on avait recouveitce Tablier avec du chanvre et du foin, qu’il fallait renouveler fréquem-ment. Malgré cela , le passage s’effectua avec assez de promptitude par lesTroupes qui avaient conservé de l’ordre, et marchaient réunies.
Le 517 au soir, l'encombrement commença : les Hommes isolés, les Che-vaux, les voitures arrivèrent en tumulte et confusément. Le G. C. Eblé ,et les autres Généraux , 11e purent faire renaître l’ordre : et les Vo : turesarrivant sur 3 o à 4o colonnes, vers les culées des Ponts , par des rixes con-tinuelles , suspendaient ou arrêtaient tout passage.
Le 28 au matin, lors des attaques combinées des Armées Russes sur les2 bords de la Rérésina, le désordre fut à son comble près des Ponts , etcontinué toute la journée ; chacun voulait passer, nul 11e voulait céder ; lepassage était souvent et long-temps interrompu. Les Hommes, les Chevauxet les Voitures de la queue des colonnes, sur lesquels tombèrent les Bouletset les Obus, serrèrent sur la tête, et vinrent former , près des Ponts , unemasse de 6 à 700 toises, sur i 5 o à 200 de profondeur, dont la multitude deChevaux et de Voitures, tournés en tout sens, 11e pouvaient presque faireaucun mouvement.
Le 9 e Corps , qui soutenait la retraite, combattait depuis le matin avecune valeur admirable contre des forces supérieures; niais sou Iront lut dé-bordé : l’ennemi parvint, à 1 heure après midi, à établir des batteries quidécouvraient les Ponts , et battaient cette masse d’hommes et de chevaux.Dès-lors, une partie des hommes et des chevaux se précipitèrent dans laRivière ; les chevaux y périrent dans les glaces, abandonnés par les conduc-teurs; quelques hommes se sauvèrent à la nage, etc., Les chevaux restant1 ’ b ui , e se luirent en niasse impénétrable ; et les corps morts, les voi-
es uisees firent un obstacle insurmontable à l’avenue des Pouts.
. u cess a de part et d’autre sur les 5 heures; mais le y*Corps devait- etl - pendant la mtit, j] fallait lui faire un passage. Le G. Eblé em-P ya i 5 o Pontonniers à faire une espèce de tranchée dans cet encombre-ment de cadavres et de voitures brisées. Les voitures qu’on put conduire
urent jetées à l’eau : les chevaux vivaus furent conduits par petits nombres
a. —,