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Tome second.
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ESSAI

12 1S

pour défiler sur les Ponts . Les hommes morts furent mis sur les côtés : il neresta que les cadavres des chevaux qui embarrassèrent beaucoup la marche.

Le 9' Corps quitta sa position vers 9 heures du soir , après avoir laissésur la rive gauche des postes et une arrière-garde, pour observer l’enne-mi , et défila sur les Ponts en très - bon ordre, emmenant avec lui touteson Artillerie.

Les 2 batteries de 6 Pièces chacune, commandées par les Colonels Cho-pin et Serrurier, passèrent aussi la rivière avec leurs Caissons, dans la nuitdu 28 au 29.

Le 29, à 1 heure du matin , le 9 e Corps avait passé sur la rive droite, àl’exception d’une faible arrière-garde, et personne ne passait plus sur lesPonts .

Cependant il restait encore sur la rive gauche des militaires blessés oumalades, des employés, des femmes, des enfans, des officiers-payeurs,avec leurs fourgons; des vivandières, quelques soldats armés, m: is fati-gués ; enfin une foule d’isolés avec leurs chevaux et provisions. En aban-donnant chevaux et voitures, tout ce monde pouvait passer ; mais dès quele feu de l’ennemi eut cessé, les bivouacs se formèrent avec une incroyablesécurité ; et malgré les sollicitations réitérées du G. Eblé, du MaréchalVictor , malgré le feu qu’on mit à quelques voitures à 5 heures du matin,on ne passa presque plus.

A 6 heures et demie, le Maréchal Victor retira ses derniers postes, quipassèrent le Pont . Alors les insoucians se réveillèrent, marchèrent et en-combrèrent pour la dernière fois le passage.

Le G. Eblé avait reçu ordre de brûler les Ponts à 7 heures, et avait faitses préparatifs en conséquence : il différa l’exécution de cet ordre tant qu’ilput, et ne l’exécuta qu’à 8 heures et demie, quand il n’y avait plus un mo-ment à perdre. Ce travail dura environ 1 heure. La foule qui était restée,sur la rive gauche poussa des cris de désespoir ; quelques-uns se jetèrentdans les flammes, d’autres dans la rivière; mais les Cosaques arrivèrentvers 9 heures , et firent le plus grand nombre prisonnier. Le G. Eblé seretira avec sa troupe : l’Artillerie busse commença à faire son feu dans cemoment ; mais bn fut bientôt à l’abri de ses coups (1).

Le nombre des prisonniers faits sur la rive gauche fut de 4 à 5 ooo,femmes et enfans compris; on y laissa 6 à 700 voitures, et 3 à 4,000 che-vaux. Toute l’Artillerie passa, hormis quelques Caissons isolés ou brisés,et 3 à 4 Canons embarrassés au loin dans les autres voitures.

Observations.

La largeur de la Bérésina, sur le point de Wesselowo, où s’est effectuéle passage, est de 54 toises; sa plus grande profondeur, de 6 à 7 pieds ;son fond est vaseux; elle est peu rapide, et charriait des glaces; sa rivedroite était très-marécageuse ; mais le froid avait durci le terrain , sanscela, les voitures 11’eussent pu approcher des bords.

(1) A une lieue après le passage de la Bérésina, l’armée française eût à traverseruue forêt marécageuse de 2 lieues de longueur, sur une chaussée où uue voiturepassait à peine ; à la suite de cette chaussée, sur des marais et des ruisseaux nongelés , étaient 3 Bouts ayant ensemble 3 oo toises de longueur, séparés par deux in-tervalles d’environ 100 toises l’un, formés en fascines et en terre : l’armée franchitencore ces trois Ponts, et après le passage des dernières troupes, le G. G. Eblé leslit brûler à 10 heures du soir, par ordre du Maréchal Ney . 8i le Général russe,<pii était maître de ces Ponts 3 ou 4 jours avaut le passage des E'rauçais , les eût dé-truits , l'armsc française était perdu*.