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mer; on avoit travaillé à recueillir ies matériaux nécessaires;M. Colbert avoit envoyé pour cela à Toulon des ordres en1 678.
Ce Ministre s’étonnoit en esset dès-iors, que cette mer, leplus ancien théâtre de la Navigation & d u Commerce mari-time, < 3 c la plus fréquentée par l’estèt de fa situation avanta-geuse entre l'Europe, l’Afie & l’Afrique, à qui elle sert decommunication, fût la plus imparfaitement tracée.
A peine en avoit-on en France quelques représentationsmanuscrites, qui ne méritoient pas le nom de Canes, puisquedans la plupart il 11’y avoit pas seulement une échelle de lati-tude, & que sens s’embarraíser de la situation des différentesterres par rapport au ciel, elles étoient placées à peu près dansleurs distances grossièrement estimées, Sc.dans leurs directions,suivant la boulîòle , dont la déclinaison étoit mal connue,ou absolument ignorée.
Ce qu’on voyoit par rapport à la Méditerranée dans Eu-rope marine, petit Atlas publié en Hollande en 1 6 5 8 , chezU las B hem, & dans le Monde aquatique, autre Atlas austìpublié en Hollande en 1 670, chez Pieter Goos, non plus quedans les Portulans italiens de Bartoìomeo Crescentio Romano en1 607, & de Francesco - Maria Levamo en t 664 , netoientencore, quoique gravés, que des tableaux informes de celte mer.
Aussi n’osoit-on pas s’y fier pour faire canal, c’est-à-dire,pour perdre la terre de vue dans les traversées; ce que l'onévitoit autant qu’il étoit possible.
Les Hydrographes démontroient en vain futilité des règlesdu Pilotage; elles étoient absolument négligées dans la Médi-terranée, faute de Cartes fur lesquelles on pût les rapporter.
Inexpérience seule des Pilotes-côtiers décidoit du succès de fanavigation , leur incertitude «Scieurignorance,assez communesaux gens de leur état, expofoient un Capitaine habile auxplus cruelles perplexités, & souvent au péril le plus évident;enfin en supposent de 1 habileté à ces sortes de Pilotes, elle sebornoit à un petit nombre de côtes, il falloit en avoirpour chaque pays où l’on devoit aller.
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