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On continua de faire de semblables opérations fur d autrescôtes pendant encore quelques années. M. de Cogolin fut en1685 dans l’Archipel avec M. Razaud, Ingénieur, M. dela Motthe-d’Airan y fut aussi. M. de Beaujeu avoit été auroyaume de Naples & dans le gobe Adriatique; 8c en 1 686M. Piantier, Ingénieur, fut en Syrie, dans l’île de Chipre& jufquaux Dardanelles.
On forma de leurs ouvrages des recueils magnifiquementdessinés, dont la plus grande partie font conservés au Dépôtdes cartes, plans 8c journaux de la Marine.
Ces travaux donnèrent des connoistànces de plusieurscôtes 8í des matériaux pour former des portulans. Ils accou-tumèrent plusieurs Navigateurs de cette mer à ne plus ferapporter entièrement aux pilotes-côtiers ; mais il s’en fàlloitbien qu on remplît par-là le projet de faire une Carte géné-rale 8c exacte de la Méditerranée.
Ceux qui avoient formé ce projet ne l’enviíàgeoient quecomme marins & caboteurs, nullement comme Géographes,encore moins comme Astronomes.
Ils étoient persuadés, comme presque tous les Officiersde Marine de ce temps-là, que rien ne pouvoit mieux satis-faire aux besoins des Navigateurs, qu’une Carte uniquementdrestee fur les pratiques de leur métier, & fur - tout fur lesobservations de latitude faites avec les mêmes instrumensdont ils se servoient en mer, tels que i’astrolabe 8c l’aiba-lestriiie, quoique très-défectueux de leur propre aveu.
Ils regardoient une telle Carte comme préférable à celleou seroient employées des latitudes observées à terre avecd’excellens instrumens ; prétendant que lorsqu'ils venoient dularge pour chercher une côte, ils ne trouvoient plus leurcompte à rapporter leur point fût d’après leur latitude priseen mer íùr une Carte dressée suivant la latitude prise avecdes instrumens autres que ceux de mer.
II paroît étonnant qu’ils ne sentissent pas que ce prétenduavantage consistoit dans un accord suppose entre les diffé-rentes observations de latitude d’un même lieu faites avec desinstrumens si imparfaits.