Buch 
Projet d'observations astronomiques et hydrographiques : pour parvenir à former pour la mer Méditerranée, une suite de cartes exactes, accompagnées d'un portulan, sous le titre de Neptune françois, second volume / par M. de Chabert
Seite
487
JPEG-Download
 

des Sciences. 487

On continua de faire de semblables opérations fur d autrescôtes pendant encore quelques années. M. de Cogolin fut en1685 dans lArchipel avec M. Razaud, Ingénieur, M. dela Motthe-dAiran y fut aussi. M. de Beaujeu avoit été auroyaume de Naples & dans le gobe Adriatique; 8c en 1 686M. Piantier, Ingénieur, fut en Syrie, dans lîle de Chipre& jufquaux Dardanelles.

On forma de leurs ouvrages des recueils magnifiquementdessinés, dont la plus grande partie font conservés au Dépôtdes cartes, plans 8c journaux de la Marine.

Ces travaux donnèrent des connoistànces de plusieurscôtes des matériaux pour former des portulans. Ils accou-tumèrent plusieurs Navigateurs de cette mer à ne plus ferapporter entièrement aux pilotes-côtiers ; mais il sen fàlloitbien qu on remplît par- le projet de faire une Carte géné-rale 8c exacte de la Méditerranée.

Ceux qui avoient formé ce projet ne lenviíàgeoient quecomme marins & caboteurs, nullement comme Géographes,encore moins comme Astronomes.

Ils étoient persuadés, comme presque tous les Officiersde Marine de ce temps-, que rien ne pouvoit mieux satis-faire aux besoins des Navigateurs, quune Carte uniquementdrestee fur les pratiques de leur métier, & fur - tout fur lesobservations de latitude faites avec les mêmes instrumensdont ils se servoient en mer, tels que iastrolabe 8c laiba-lestriiie, quoique très-défectueux de leur propre aveu.

Ils regardoient une telle Carte comme préférable à celleou seroient employées des latitudes observées à terre avecdexcellens instrumens ; prétendant que lorsqu'ils venoient dularge pour chercher une côte, ils ne trouvoient plus leurcompte à rapporter leur point fût daprès leur latitude priseen mer íùr une Carte dressée suivant la latitude prise avecdes instrumens autres que ceux de mer.

II paroît étonnant quils ne sentissent pas que ce prétenduavantage consistoit dans un accord suppose entre les diffé-rentes observations de latitude dun même lieu faites avec desinstrumens si imparfaits.