DU CHEF EN CAMPAGNE
3*
peloton tant bien que mal à la manœuvre, ilétait officier, et que le temps que ne lui prenaitpas ces devoirs de caporal, il pouvait l'employerle consommer, l'épuiser intégralement au calé. |
Cette conviction lui a été donnée surtout par lesdroits exhorbitants qu'on a accordés à f ancien-neté.
En vertu de cette loi qui tue tout amour-pro-pre, tout désir de mieux faire, le plus médiocreest sûr de primer le meilleur, sans tenter le moin-dre effort ; aussi dans les régiments aujourd'huila grande affaire pour un officier n’est pas sonsavoir et son zèle, n’est pas même les notes desinspections, c'est sa place sur le contrôle d'an-cienneté. La guerre renversera brutalementcette erreur de la paix.
Tel homme est né général, tel autre caporal ;il faut que la destinée de tous deux s’accom. 1
plisse; c’est une loi de justice et de devoir quela conscience de tous deux sera la première àétablir.
Tel officier peut être sous-lieutenant et lieu-tenant de chasseurs, ensuite il doit passer dansles cuirassiers ; tel autre doit quitter au plus tôtla cavalerie de réserve pour commander un es-cadron de hussards. Tel autre, ne doit, jamaisêtrecolonel, tel aulre, sous officier aujourd’hui,doit enjamber les grades, et ne s’arrêter qu'à latête d’un régiment. Mais il faut un prétexte,même à la justice, et la guerre seule peut ledonner.
Que l’officier se prépare, qu'il s’ins'ruise.s’ilveut parvenir, qu’il emploie tous ses instants àfouiller son métier dans ses moindres détails;qu'il sache faire tout ce que fait un cavalier ;