92 DK L'ÉrtDE DES TLnnAI.NS.
Il. Un exemple de mémoire locale éclairera laquestion ?
IL L’ennemi est à quelques lieues; un officierpart pour le reconnai're. Cet officier observe at-tentivement la route qu'il tient, car elle seraiaplus courte j our revenir s’il estattaquéde Iron’;mais en même temps il grave avec un grandsoin dans sa mémoire, les chemins, les sentiers,les terrains praticables qui, sur les flancs,abou-t.ssenl à la route qu'il tient, afin que si dans saretraite, il est coupé, il puisse profiter d’euxpour rendre inutile la manœuvre de l’ennemi,et revenir sûrement, et par un détour, au pointde départ où se trouve son appui.
Il a devant lui une plaine nue et uniforme.Deux villages sont près l’un de l'autre; ils ont àpeu près le même aspect ; mais le clocher del’un est pointu, et celui de l'autre est arrondi às on sommet, c'est sur le clocher pointu qu'il doitse driger.
Il arrive a un bois* Deux chemins se présen-tent ; ils sont d’égale largeur, et s’ouvren* surun taillis u ni font) c. Une borne se trouve à droitedu chemin qu'il doit prendre. Il s’avance. Ontraverse une mare, puis on arrive à un quin-*ronce. Six routes pareilles y aboutissent. A ladroite de celle que l'on quitte est un grand ar-bre mort, à la gauche de celle que l’on doitprendre se trouve un poteau.
On continue à marcher* Une clairière s’ouvreà droite. Le bois se referme plus sombre. Onmarche encore. Puis une barrière se prés-nte;(die est ouverte. A coté d'elle» sont une touffe degenêts en fleurs, un fossé profond nouvellementcreusé, un las de pierres brisées, un grand peu'