202 DES RECONNAISSANTS.
mains du général, relève sur la carte de l'état-
major un calque du terrain qu’il va parcourir.
Il prend ensuite le commandement du delà,cliement qu'a fait tenir prêt l'adjudant major.
Il inspecte ce détachement; reconnaît que lesgibernes sont garnies de cartouches; que les ar-mes sont en bon état; que les chevaux sont bienferrés; que les besaces contiennent du pain et del'avoine; puis il fait rompre par deux.
Il s’arrête de sa personne et voit filer son dé-tachement.
Trois chevaux boitent; deux sont trop faiblespoursuivre; d autres sont connus pour hennir;des chiens accompagnent le détachement, il lesfait rétrograder, et les laisse au bivouac.
Une fois hors des avant-postes et delà lignedes patrouilles, il s'arrête; fait resangler seschevaux; détacher les flammes de lances; mettreles carabines aucrochct; retrousser les schabra-ques; rouler et croiser les manteaux; il place sesAlsaciens en tête de la colonne en leur recom-mandant de ne parler qu’allemand, l’armi sesofficiers, il en est un de cette province, il le faitmarcher auprès de lui, et donne le peloton qu’ilcommandait à un sous-officier.
Le premier officier, après le commandant,marche à la queue de la colonne, de manière àce qu’elle soit encadrée complètement.
L'avant-garde est formée de dix hommes com-mandés par nn sous-olficicr alsacien ; elle mar-che à cent pas en avant.
Le pays est ouvert, les terres mouillées, il fautmarcher vite ; on ne détache pas de (lanqucurs,qui éreinteraient leurs chevaux, et ralentiraientla marche en pure perte.