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quiert pas assez de ce qui se passe ; on n’étudiepas assez la manière dont les fonds votes par lesChambres sont employés. On vit toujours sur levieux préjugé, qu’il faut ctre marin, c’est-à-direposséder des connaissances théoriques et prati-ques toutes spéciales, pour être apte à connaîtreles affaires de la marine. Et ce préjugé, entretenupar diverses circonstances, a empêché jusqu’icibeaucoup de bons esprits de se livrer à l’étudede l’état réel de notre puissance navale.
L’auteur de cette note voudrait, par quelquesfaits de la plus claire évidence, par quelques cal-culs très-simples, et enfin par des raisonnementsà la portée de tout le monde, dissiper les ténèbresdont’la question a été enveloppée comme à plaisir;et s’il parvenait à la rendre ainsi accessible et fa-milière à chacun de ceux qui peuvent être appe-lés à en décider, il croirait avoir rendu un ser-vice véritable à l’arme à laquelle il appartient.
Je crois pouvoir établir, sans crainte d’etrecontredit, que la popularité dont jouit la marineen France , que le désir ardent et si souvent mani-festé d’avoir une marine forte et puissante, pren-nent leur source dans un sentiment qui peut setraduire ainsi :