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Je continue de raisonner dans l’hypothèse dela guerre. Notre marine à vapeur aurait alorsdeux théâtres d’action bien distincts : la Manched’abord, où nos ports pourraient abriter une forceconsidérable, qui, sortant à la faveur de la nuit,braverait les croisières les plus nombreuses et lesplus serre'es. Rien n’empêcherait cette force de seréunir avant le jour sur tel point convenu descôtes britanniques , et là elle agirait impunément.Il n’a fallu que quelques heures à sir Sidney Smith pour nous faire à Toulon un mal irrépara-ble.
Dans la Méditerranée, nous re'gnerions en^.maîtres; nous assurerions notre conquête d’Alger ,ce vaste champ ouvert à notre commerce et à no-tre civilisation. Et puis la Méditerranée est troploin de l’Angleterre : ce ne sont pas les arsenauxde Malte et de Gibraltar qui pourront entretenirune flotte à vapeur, si difficile et si coûteuse àapprovisionner, et toujours en crainte de se voirréduite à l’inaction par le défaut de combustible.Libre donc à la France d’agir victorieusement surcè théâtre; tous ses projets, elle pourra les accom-plir avec des navires à vapeur, sans s’inquiéterdes escadres à voiles, dont toute la surveillance