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Etat des forces navales de la France : avec l'appendice et les notes. : ornée d'un portrait du Prince de Joinville
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en a gardé le souvenir, et celle leçon du passénest pas perdue pour le présent.

Pourquoi navons-nous pas à signaler chez nousla même marche prudente et mesurée? Pourquoifaut-il, an contraire, accuser une précipitation quinous fait procéder par dizaines dans des essais aumoins incertains, comme si en construction navalenous avions le droit de croire à notre infaillibilité?

Si cette précipitation a créé pour lavenirune situation grave, à Dieu ne plaise que notrepensée soit den faire retomber la responsabilitésur un corps aussi savant que dévoué, et que lonnous envie à bon droit! Non, la responsabilitéappartient au pays tout entier. Quand on veutune marine, marine à voile ou marine à vapeur,ce n'est pas seulement au moment le besoin sefait sentir quil faut la vouloir; il faut la vouloirlongtemps, il faut la vouloir toujours, parce quenmarine rien ne simprovise, pas plus les bâtimentsque les hommes.

Cette vérité est deveuue banale à force dêtrerépétée, et cependant pourquoi se lasser de la re-dire, puisquon ne se lasse pas de la méconnaîtreEn 1840, on a voulu tout dun coup une marineà vapeur; on a voté des millions. Que ne pouvait-on aussi facilement voter des bâtiments éprouvés!Pour répondre à cette impatience, qui ne se seraitpas accommodée, a coup sûr, des sages lenteurs de la