DESCRIPTION DE L’OEIL.
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pas permanente. Tout est disposé, dans cet admirable appareiloptique, pour percevoir et rendre sensible la direction des rayonslumineux émanés d’un point extérieur ; rien, pour en faire ap-précier immédiatement la distance , pour peu qu’elle dépasse unecertaine limite. Sous ce dernier rapport, les plus puissants té-lescopes n’ajoutent point au pouvoir de la vision.
Les rayons lumineux émis par le point A sont admis par letrou de l’iris ou la pupille; ils subissent dans l’œil une sériede réfractions qui les concentre en un faisceau conique, dontle sommet atteint la rétine au point a, image du point exté-rieur A. Dans ce pinceau lumineux, il y a un rayon A a quin’est point dévié ; c’est l’axe du pinceau, et c’est aussi la direc-tion dans laquelle l’œil voit l’objet extérieur; mais, au delàd’une limite fort rapprochée, le point A produira la môme im-pression à quelque distance qu’il soit placé sur la ligne «A.L’éclat de son image a variera, il est vrai, avec la distance, maisl’effet produit serait encore le même, si, au lieu de s’éloigner,l’objet restait en place, en diminuant peu à peu d’éclat*.
Mais si l’objet A vient à se déplacer dans tout autre sens,vers B, par exemple, l’image a marchera en sens contraire surla rétine vers le point b, et l’œil nous avertit aussitôt du chan-gement de direction de la ligne «A. Cependant l’effet produit
* Quand il s’agit d’objets voisins, la vision nous offre quelques ressourcespour en faire apprécier la distance. La plus habituelle consiste dans la rela-tion qui existe entre la distance et l’angle visuel de l’objet. Cet angle, auquelles astronomes donnent le nom de diamètre apparent, quand il s’agit desastres dont le disque a une grandeur sensible, est formé par les rayons ex-trêmes qui se croisent dans l’œil. Dans la figure 6, l’angle sous lequel l’objetAB est vu est l’angle ApB ou son égal apb. 11 détermine évidemment la gran-deur de l’image, et, tant qu’il reste dans les limites de petitesse ordinaire, ilvarie en raison inverse de la distance de l’objet AB. Les enfants acquièrent,par une expérience continuelle, le sentiment de cette relation pour tous lesobjets voisins; ils rectifient aisément leurs erreurs en parcourant les distancesd’abord mal appréciées. Quand ces distances ne dépassent pas une certainelimite, nous avons encore une ressource dans la convergence qu’il faut donneraux; axes des deux yeux pour fixer un objet. L’écartement des deux yeuxest alors une véritable base géométrique dont nous nous servons pour appré-cier la distance, et l’angle de convergence des axes optiques pourrait être as-similé à ce que nous avons nommé parallaxe. Ces ressources naturelles ouacquises deviennent inutiles lorsqu’il s’agit de grandes distances, ou d’objetsdont la grandeur réelle nous est inconnue.