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Leçons de cosmographie : rédigées d'après les programmes officiels / par H. Faye
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THÉORIE DES MOUVEMENTS APPARENTS-

serait encore le môme si, lobjet A restant encore immobile,lœil était Iransporté en sens contraire dune quantité égaleà AB; en sorte que lobservaient- na réellement aucun moyende savoir, par su seule impression visuelle, si cest lui qui se meutdans un sens, ou si cest lobjet A qui a marché en sens con-traire. Que dautres impressions lui donnent, à tort ou à raison,le sentiment desa propre immobilité, et il jugera nécessairement,dans tous les cas, que le point A est en marche, du moment la direction aA lui aura paru changer.

Ainsi la vue nous informe du changement de direction,elle nous avertit des mouvements relatifs ; mais, seule, ellene peut servir à trancher la question de savoir à qui appar-tient le mouvement absolu , de lobjet ou de lobservateur. Exa-minons donc si nos autres sens peùvenl nous éclairer à ce sujet.

Voici lénoncé dun principe fondamental en mécanique,dont chacun de nous a eu de fréquentes occasions de vérifierexpérimentalement lexaclilude *. Si un système de corps estemporté dans lespace dun mouvement général, commun àtoutes les parties, les mouvements relatifs de ces corps ne sontnullement modifiés par le mouvement général de translation ;ils en sont indépendants et saccomplissent, par exemple, commesi le système était en repos.

Lorsque nous faisons partie dun tel système, voiture, wagonde chemin de fer, vaisseau ou ballon, nos gestes, nos mouve-ments et ceux des objets voisins, entraînés avec nous, sopèrentlibrement comme si tout était en repos. Rien ne nous avertitdu mouvement dont lensemble est animé, tant que nous nenous mettons point en relation, par les sens de la vue ou dutact, avec les objets extérieurs. A la vérité, lorsque le systèmedont nous faisons partie éprouve une altération subile dans savitesse, un choc, une secousse quelconque, nous le sentonspar la communication plus ou moins rapide qui sen fait dansnos organes, mais alors il ne sagit plus dun mouvement géné-ral, rigoureusement commun à toutes les parties, comme leprincipe cité plus haut le suppose.

Il résulte de que les mouvements généraux ne sont pas

* La composition des forces et des vitesses repose essentiellement sur ceprincipe.