THÉORIE DES MOUVEMENTS APPARENTS.
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sentis par nous : nos impressions ne peuvent nous en avertirlorsqu’elles se rapportent aux diverses parties du système, puis-qu’elles ont lieu comme si tout le système était en repos : na-turellement nous nous croyons immobiles. C’est surtout dansles voyages en ballon que l’illusion est complète à cet égard.Sauf la secousse du départ et celle de l’arrivée, l’aéronaute n’aaucune conscience du mouvement rapide qui l’entraîne. C’estle baromètre seul qui lui indique s’il monte où s’il descend.
Puisque nous nous jugeons immobiles, dans tous les cas, elque les impressions de la vue ne peuvent rien décider, car elless’accommodent également bien des deux hypothèses contraires,il est évident que nous devrons attribuer notre propre mouve-ment en sens inverse à tous les objets extérieurs, qu’ils soientd’ailleurs eux-mêmes fixes ou en mouvement. Dans le secondcas, leur vitesse réelle se combinera pour nous avec notrepropre vitesse, et l’effet perçu sera la résultante ou la diffé-rence de ces deux mouvements, l’un vrai, l’autre illusoire.
Examinons de plus près ce résultat.
Illusions produites par un mouvement de translation rectl-
ligne. — L’œil se meut de O en O' (fig. 7), tandis que l’objet.A reste fixe. Dans la position O, l’œil reçoit en a , sur la rétine,l’image du point A; dans la position 0', il la reçoit en b. L’es-pace parcouru sur la rétine est a'b, a et a! étant Je même pointphysique de l’organe. Cet espace ainsi que l’effet produit surnos sens restent les mêmes si l’œil est fixe en 0, pendant quel’objet A parcourt avec la même vitesse la ligne AB, égale etcontraiie à 00’. C’est, du reste, ce qui a déjà été indiqué plushaut. Donc, si l’observateur est en mouvement sans en avoirconscience, il attribuera le déplacement de l’image du point Adans son œil à un transport effectif de ce poiid, dont le mou-vement apparent sera dès lors égal et contraire an mouvementréel de l’observateur, vu du point A.
Si l’objet A esté l’infini, ou, plus exactement, à une distancetrès-grande dans la direction OA, le mouvement réel de l’ob-servateur, vu du point A, sera insensible; il en sera donc demême du mouvement apparent du point A pour l’observateur.En effet, dans ce cas, les images formées en a el a' sur la ré-tine , dans les deux posilions 0 et 0' de l’œil, seront détermi-nées par les rayons parallèles ou sensiblement parallèles Aa,