26 THÉORIE DES MOUVEMENTS APPARENTS,
physiologique, à l’immobilité du sol qui nous porte, mais elleest mécaniquement absurde ; tandis que l’autre se trouve enharmonie parfaite avec les lois de la mécanique et du bon sens.
Voyons en effet à quoi nous conduira la première conception,adoptée par les anciens. D’abord les étoiles sont placées à unedistance considérable, que l’on ne peut estimer à moins de1 000 000 de fois le rayon de la Terre *, sans quoi leur parallaxeterrestre serait mesurable. Certaines étoiles placées dans unplan perpendiculaire à Taxe PP' devraient donc décrire envingt-quatre heures , durée constante du mouvement diurne ,une circonférence égale à 2ir X1 000 000 X 6 366 000 m au moins.Leur vitesse serait de 460 000 kilomètres ou plus de cent millelieues de poste par seconde.
Mais toutes les étoiles ne sont pas situées dans ce plan cen-tral ; d’autres sont plus près de l’axe et décriraient leurs cer-cles avec des vitesses moindres ; celle qui se trouverait sur Taxemême ne tournerait pas du tout. Un pareil ensemble de mou-vements ne pourrait exister à moins que l’univers ne formât untout solide.
II y a plus; les étoiles ne sont certainement pas toutes à lamême distance, et cependant, quelle que soit leur distance, ilfaudrait qu’elles accomplissent leur révolution journalière envingt-quatre heures. Leur vitesse angulaire étant la même, leurvitesse linéaire devrait être proportionnelle à la distance à Taxede rotation. Les étoiles deux fois, trois fois, mille fois plus éloi-gnées que les plus proches, devraient donc être animées devitesses deux fois, trois fois, mille fois plus grandes. Il seraitimpossible d’assigner une cause quelconque à de tels mouve-ments.
Il est curieux de voir comment les anciens ont esquivé cesabsurdités palpables. D’abord ils placèrent les étoiles beaucoupplus près, et sur ce point la mesure de leurs distances ne pou-vait faire obstacle , par la raison qu’ils n’eb tentèrent jamais ;leurs instruments étaient trop imparfaits pour une pareille re-cherche. Ensuite ils matérialisèrent en quelque sorte la sphère
* On verra que les étoiles sont bien plus éloignées encore et que la di-stance supposée dans le texte est très-petite en comparaison de la distanceréelle.