96
FIGURE ET DIMENSIONS DE LA TERRE.
tituons son mouvement de rotation diurne autour de la lignedes pôles, la forme de la surface du liquide qui la recouvre nepourra plus rester sphérique. Tout mouvement de rotationdonne, en effet, naissance à une force apparente, dite centri-fuge , dont il importe d’avoir mie idée nette.
La matière est inerte en ce qu’elle est également indiffé-rente au repos et au mouvement. Une fois en mouvement, uncorps ne saurait altérer par lui-même, et sans l’interventiond’une force étrangère, ni sa vitesse, ni sa direction. Ainsi,quand un corps se meut sous une impulsion unique, il se meuten ligne droite, avec une vitesse constante, à moins qu’uneautre force, ou ce qui revient au même, une résistance quel-conque ne vienne altérer la direction ou la vitesse de son mou-vement. Réciproquement, dès qu’un point matériel se meuten ligne courbe ou avec une vitesse variable, on peut conclureà l’action d’une force quelconque qui vient à chaque instantmodifier la tendance naturelle de ce point à continuer unifor-mément sa route en ligne droite.
Quand un corps solide tourne autour d’un axe, les points dece corps, situés hors de l’axe de rotation, sont animés d’unecertaine vitesse dont la direction change à chaque instant. Sices points n’étaient pas retenus par leur cohésion avec les autresparties du corps, ils s’échapperaient pour suivre en ligne droitel’impulsion qui leur aurait été donnée, car il faut, avons-nous dit,une force ou une résistance quelconque pour courber sans cesseleur trajectoire et en faire un cercle. Lorsque cette cohésionest faible, et que la vitesse de rotation devient de plus en plusconsidérable, les molécules placées à une certaine distance del’axe de rotation, n’étant plus suffisamment maintenues, cessentde faire corps avec la masse tournante : elles s’échappent avecleur vitesse actuelle et se meuvent en ligne droite, dans la di-rection du dernier élément du cercle qu’elles décrivaient autourde l’axe. C’est ainsi que les gouttes d’eau, déposées sur la tranched’une meule en mouvement, jaillissent au loin dans le sensdes tangentes à la circonférence, et que des portions mêmesde la meule peuvent s’es détacher, lorsque la rotation esttrès-rapide et qu’un défaut dans le grain de la pierre en di-minue quelque part la cohésion.
La fronde est un instrument très-simple qui rend familiers