100
FIGURE ET DIMENSIONS DE LA TERRE.
pour s’assurer du sens dans lequel varie sa courbure, et mômepour en déterminer les dimensions, car la géométrie fournitdes relations plus ou moins simples entre ces diverses longueurset les deux axes de l’ellipse.
C’est en se fondant sur ces considérations que les académi-ciens français obtinrent, en 1683, les ordres du roi pour conti-nuer la méridienne de Paris à Amiens, au sud et au nord,jusqu’à l’Océan et la Méditerranée. Ce travail, interrompu parla mort de Colbert, fut repris sur une plus grande échelle,en 1734, sous le ministère du cardinal Fleury. Godin, La Con-damine et Bouguer allèrent mesurer un arc du méridien auPérou, près de l’équateur; tandis que Maupertuis, Clairaut,Camus, Le Monuier et Outhier partirent pour la Laponie, afind’y exécuter une mesure pareille.
Voici les résultats de cette triple opération, un des plusgrands services que la France ait rendus aux sciences :
Longueur de l’arc de 1° : au Pérou. 56750 toises.
>• en France_ 57 070 »
» en Laponie... 57 422 »
Ces arcs vont en croissant de l’équateur au pôle; il étaitdonc démontré que la Terre est aplatie vers les pôles et renfléevers l’équateur ; la conjecture des géomètres, basée sur lemouvement de rotation de la Terre, était vérifiée, et uneseconde preuve * matérielle de ce mouvement était acquisedésormais.
Les mesures exécutées, depuis cette époque mémorable, parles Français, les Anglais, les Russes, les Allemands, en d’au-
* La première preuve, acquise dès 1GÎ2, est celle que l’on tire de la dimi-nution de la pesanteur terrestre, des pôles à l’équateur. Celle diminution avaitété prévue comme conséquence de la rotation de la terre. La force centrifugedéterminée par cette rotation doit, en effet, être nulle aux pôles et atteindreson maximum à l’équateur et, comme elle est là directement opposée à lapesanteur, on en avait conclu :
« Que, supposé le mouvement de la Terre, les poids devaient descendreavec moins de force à l’équateur qu’aux pôles » (Picard, Mesure de la Terre,1071), et le pendule qui bat la seconde devait être plus court à l’équateur.
L’académicien français Riclier, envoyé par Louis XIV à Cayenne, près del’équateur, pour vérifier les Tables du Soleil de Cassini, étudier les réfrac-