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SEXTANT.
Les problèmes principaux que les marins ont à résoudre cha-que jour, en mer, peuvent à la rigueur se réduire à deux: dé-terminer l'heure et la hauteur du pôle; tous deux se résolventpar de simples mesures de la hauteur des astres. De là le nomde navigation hauturière qu’on donnait autrefois à la naviga-tion en pleine mer, pour la distinguer du cabotage*.
Hauteur tiu pôle en mer. — La hauteur L du pôle s'obtienten mesurant à l’aide du sextant, la hauteur méridienne Hd’un astre dont la déclinaison D est connue (par les travaux desastronomes) : car
II = (90° — L) + Dd’où (90° — L) = H —D.
11 serait difficile, à bord, de s’astreindre à observer précisé-ment dans le plan du méridien ; mais la hauteur méridienned’un astre étant aussi sa hauteur maximum, elle ne varie passensiblement près du méridien ; le petit arc de parallèle diurneque l’astre décrit alors est parallèle à l’horizon. Il n’est doncpas nécessaire de se placer juste dans le méridien ; il suffit desuivre l’astre avec le sextant jusqu’à ce que sa hauteur cesse decroître, et de la mesurer vers ce moment-là.
Heure en mer. — On mesure la hauteur d’un astre S placéloin du méridien**, et on résout le triangle sphérique SPZ (étoile,pôle, zénith) dans lequel on connaît les trois côtés SP = 90°—D,PZ = 90°—L et ZS = 90° — H. L’angle P est l’angle horaire del’étoile que l’on transforme en temps (à raison de l h pour 15°)et auquel on ajoute l’heure sidérale du passage de cet astre auméridien (heure connue par les travaux des astronomes).
Usage du sextant à terre.—L’horizon visuel n’est complète-ment libre qu’en mer, loin des côtes; à terre, il est masquéd’ordinaire par mille accidents de terrain. On a recours alors,pour mesurer la hauteur d’un astre, à Yhorizon artificiel formépar la surface d’un liquide en repos (de l’eau, de l’huile, du
* Le cabotage consiste à aller de cap en cap, sans jamais perdre longtempsla côte de vue. C’était l'a toute la navigation des anciens peuples, Phéniciens,Grecs ou Romains.
** 11 est aisé de voir que si l’astre observé se trouvait très-près du méridien,le triangle SPZ, où il s’agit de déterminer P, deviendrait désavantageux, etque la moindre erreur sur ZS en entraînerait une considérable sur P.