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Leçons de cosmographie : rédigées d'après les programmes officiels d'admission à l'Ecole Polytechnique et à l'Ecole de Saint-Cyr / par H. Faye
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FIGURE DE TERRE.

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rement composé dun liquide homogène, il est évident que lasurface de ce liquide prendrait peu à peu, et conserverait indé-finiment, une forme telle que la direction de la pesanteur luifût partout perpendiculaire. Dans les lieux cette surfacedéquilibre naurait pas été atteinte, les molécules voisines deta surface se mettraient en mouvement, le liquide couleraitjusquà ce que le niveau se fût rétabli, jusquà ce que cette con-dition fondamentale et bien connue de léquilibre fût satisfaite.

Il en serait encore de même si la Terre était formée dunnoyau sphérique, solide et homogène, recouvert dune couchetrès-mince de liquide.

Mais si au lieu de supposer la Terre immobile, nous lui res-tituons son mouvement de rotation diurne autour de la lignedes pôles, la forme de la surface du liquide qui la recouvre nepourra plus rester sphérique. Tout mouvement de rotationdonne, en effet, naissance aune force centrifuge dont H impôt tedavoir une idée nette. La matière est inerte en ce quelle estégalement indifférente au repos et au mouvement. Une fois enmouvement, un corps ne saurait altérer par lui-même, et sanslintervention dune force étrangère, ni sa vitesse, ni sa direc-tion. Ainsi, quand un corps se meut sous une impulsion uni-que, il se meut en ligne droite, avec une vitesse constante, àmoins quune autre force, ou ce qui revient au même, une ré-sistance quelconque ne vienne altérer la direction ou la vitessede son mouvement. Réciproquement, dès quun point matérielse meut en ligne courbe ou avec une vitesse variable, on peutconclure à laction dune force quelconque qui vient à chaqueinstant modifier la tendance naturelle de ce point à continueruniformément sa route en ligne droite.

la surface, à savoir, la pesanteur et la force centrifuge nées de la rotationdiurne. Cela est encore vrai dune étendue deau quelconque, et, par exemple,de la surface libre dun liquide en repos contenu dans un vase. Cetle surfaceest sensiblement une portion de celle que le globe terrestre prendrait en celieu, sil étail entièrement recouvert deau jusquà la hauteur du vase. Je merappelle à ce sujet avoir lu celte remarque ingénieuse du célèbre moineRoger Bacon [Opus majus ) : Un vase à bord horizontal doit contenir dautantmoins deau quil est plus élevé au-dessus du sol, car la surface du liquidefaisant alors partie dune sphère dun plus grand rayon, la hauteur du seg-ment sphérique qui dépasse les bords doit être moindre. Il est inutile dajou-ter que cest un aperçu purement spéculatif.