FIGURE DE LÀ TERRE.
85
rement composé d’un liquide homogène, il est évident que lasurface de ce liquide prendrait peu à peu, et conserverait indé-finiment, une forme telle que la direction de la pesanteur luifût partout perpendiculaire. Dans les lieux où cette surfaced’équilibre n’aurait pas été atteinte, les molécules voisines deta surface se mettraient en mouvement, le liquide couleraitjusqu’à ce que le niveau se fût rétabli, jusqu’à ce que cette con-dition fondamentale et bien connue de l’équilibre fût satisfaite.
Il en serait encore de même si la Terre était formée d’unnoyau sphérique, solide et homogène, recouvert d’une couchetrès-mince de liquide.
Mais si au lieu de supposer la Terre immobile, nous lui res-tituons son mouvement de rotation diurne autour de la lignedes pôles, la forme de la surface du liquide qui la recouvre nepourra plus rester sphérique. Tout mouvement de rotationdonne, en effet, naissance aune force centrifuge dont H impôt ted’avoir une idée nette. La matière est inerte en ce qu’elle estégalement indifférente au repos et au mouvement. Une fois enmouvement, un corps ne saurait altérer par lui-même, et sansl’intervention d’une force étrangère, ni sa vitesse, ni sa direc-tion. Ainsi, quand un corps se meut sous une impulsion uni-que, il se meut en ligne droite, avec une vitesse constante, àmoins qu’une autre force, ou ce qui revient au même, une ré-sistance quelconque ne vienne altérer la direction ou la vitessede son mouvement. Réciproquement, dès qu’un point matérielse meut en ligne courbe ou avec une vitesse variable, on peutconclure à l’action d’une force quelconque qui vient à chaqueinstant modifier la tendance naturelle de ce point à continueruniformément sa route en ligne droite.
la surface, à savoir, la pesanteur et la force centrifuge nées de la rotationdiurne. Cela est encore vrai d’une étendue d’eau quelconque, et, par exemple,de la surface libre d’un liquide en repos contenu dans un vase. Cetle surfaceest sensiblement une portion de celle que le globe terrestre prendrait en celieu, s’il étail entièrement recouvert d’eau jusqu’à la hauteur du vase. Je merappelle à ce sujet avoir lu celte remarque ingénieuse du célèbre moineRoger Bacon [Opus majus ) : Un vase à bord horizontal doit contenir d’autantmoins d’eau qu’il est plus élevé au-dessus du sol, car la surface du liquidefaisant alors partie d’une sphère d’un plus grand rayon, la hauteur du seg-ment sphérique qui dépasse les bords doit être moindre. Il est inutile d’ajou-ter que c’est là un aperçu purement spéculatif.