GÉODÉSIE.
Enfin la partie manuelle de la mesure de la base doit êtreréduite à sa plus simple expression, si l’on veut éviter toutesles chances d’erreurs qu’entraîne l’emploi de nos organes.Ainsi on se gardera de placer à la main, bout à bout, les règlesdont on se sert. Le moindre choc pourrait les faire dévier; onles pose sur des chevalets en bois de r en /, puis de r" en r”(fig. 39), de manière que les extrémités r' et r "ne se touchent pas,et on évalue ensuite, par des verniers ou à l’aide de microscopesarmés de vis micrométriques, le petit intervalle qu’on laisse àdessein entre elles.
En opérant avec toutes ces précautions, la base AM sera me-surée avec exactitude et ramenée au niveau de la mer. Dès lorsle canevas géodésique étant calculé avec la longueur de cettebase, se trouve ramené lui-même, ainsi que la méridienne AA',à ce niveau général qu’on considère comme la surface géomé-trique du globe terrestre. A force de soins et de peines, onparvient à mesurer des bases de plusieurs milliers de toises à 1ou 2 lignes près. Quant aux angles, les théodolites dont on sesert aujourd’hui les donnent avec une précision extrême, et,par une seule opération géodésique semblable à celle que nousvenons de décrire, on obtient avec une grande exactitude lalongueur d’un arc de plusieurs degrés.
CHAPITRE IV.
DÉTERMINATION DE LA FORME ET DES DIMENSIONS DU SPHÉROÏDETERRESTRE.
Figure du sphéroïde terrestre. — Ce qui précède Suffirait Sila Terre était rigoureusement sphérique *. Mais il y a de très-fortes raisons de croire, avant tout examen direct, que tellen’est pas sa forme réelle. Si notre globe était immobile et entiè-
* Nous avons vu que, dans la question de la forme de la Terre, on négligeles irrégularités produites par les montagnes et les continents. La surface dela Terre est celle de la mer; celle qu’un liquide en repos et couvrant le globetout entier prendrait de lui-même sous l’influence des forces qui agissent à