FIGURE DE LA TERRE. 87
Nous trouvons dans le système solaire plusieurs vérificationsbien frappantes de ces lois.
Les planètes Mercure, Vénus et Mars sont petites et tournentlentement sur leurs axes; elles sont peu aplaties ou même leurdéfaut de sphéricité, s’il existe, est insensible pour nous. Maisquand on regarde Jupiter et Saturne, leur forme elliptique frappeaussitôt les yeux. C’est que Jupiter et Saturne sont d’énormesplanètes dont la rotation diurne est 2 £ fois environ plus ra-pide que la nôtre. Pour les points situés à l’équateur de cesdeux planètes, la force centrifuge doit être très-grande; il n’ya rien d’étonnant à ce qu’elle y ait déterminé un renfle-ment considérable, pour peu que la cohésion des matériauxconstitutifs n’ait pas été plus grande, à l’origine, sur ces pla-nètes que sur la Terre même. Puisque la Terre tourne sur sonaxe en 24 heures, elle doit donc cire aplatie vers les pôlescomme Jupiter et Saturne; mais, à cause de ses petites dimen-sions et de la lenteur de son mouvement de rotation, sa formedoit différer peu d’une sphère, comme cela a lieu pour Mercure,Vénus et Mars. La théorie mathématique du mouvement derotation de la Terre montre que la surface doit être sensible-ment celle d’un ellipsoïde de révolution autour de l’axe polaire,et que son aplatissement, c’est-à-dire la différence entre lerayon équatorial et le rayon polaire, doit être compris entre^ et ^8 du rayon équatorial.
La vérification de ce résultat de l’analyse se déduit, commenous allons le voir, des mesures géodésiques qui ont été exé-cutées en divers lieux, précisément pour le contrôler. Elle doitêtre considérée comme une des preuves les plus fortes qu’onpuisse citer à l’appui du mouvement de rotation de notre globe,et, il est bon de le remarquer, ici, la théorie de Newton etd’Huyghens n’a pas suivi l’observation des faits, mais elle les adevancés et fermement annoncés.
On connaissait pourtant, dès 1672, un fait capital qui a dû
force 'centrifuge. L’ouvrier enlevait au bout de la canne une masse de verrefondu et y soufflait un globe. Ce globe élant coupé ensuite suivant un grandcercle, il ramollissait au feu la partie fixée à la canne, tout en imprimant àcelle-ci une rotation rapide; la demi-sphère de verre, obéissant alors à l’actionde la force centrifuge, finissait par s’aplatir complètement, sauf un œil quirestait vers le centre.