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Leçons de cosmographie : rédigées d'après les programmes officiels d'admission à l'Ecole Polytechnique et à l'Ecole de Saint-Cyr / par H. Faye
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FIGURE DE LA TERRE.

indiquer à ces illustres géomètres laplatissement du globe ter-restre. Ce fait, cest la diminution que la pesanteur éprouveà mesure quon se rapproche de léquateur. Il avait été égale-ment prévu, comme une conséquence forcée du mouvementde rotation de la Terre. La force centrifuge déterminée parce mouvement de rotation, devait, en effet, atteindre sonmaximum à léquateur, la vitesse linéaire est la plusgrande, et comme elle est diamétralement opposée à lapesanteur, on en avait conclu :

« Que, supposé le mouvement de la Terre, les poids devraient« descendre avec moins de force sous léquateur que sous les« pôles*. »

Lacadémicien français Richer, envoyé par Louis XIV àCayenne, près de léquateur, pour vérifier les tables du Soleilde Cassini, étudier les réfractions atmosphériques, etc., sechargea de vérifier le fait. Il trouva : 1° que son horloge astrono-mique, réglée à Paris, retardait à Cayenne de 2 minutes parjour : il fallut en raccourcir le pendule; 2° que le pendule sim-ple, dont la longueur avait été trouvée à Paris de 3 pieds 8 li-gnes était plus court de l ligne { à Cayenne. Cétait la pre-mière démonstration expérimentale du mouvement de rotationdiurne de la Terre. On trouvera peut-être ces différences bienpetites pour être bien démonstratives : ce serait une erreur,car elles sont cent fois plus grandes que les quantités dont onpeut se tromper en pareille matière.

Si la Terre nest pas une sphère parfaite, mais bien un sphé-roïde aplati, la propriété fondamentale de la sphère disparaît,les normales à la surface ne concourent plus en un mêmepoint. La surface des eaux tranquilles dessine encore partout lafigure de notre globe, et partout la direction de la pesanteurou la verticale reste perpendiculaiie à la surface; mais ces ver-ticales ne sont plus des rayons, elles ne passent point parlecentre de lellipsoïde.

En supposant que le globe terrestre soit homogène, ou dumoins formé de couches, homogènes dans toute leur étendue,mais variant de densité de lune à lautre, suivant une loi quel-conque, on démontre, avons-nous dit, que, sous linfluence

* Picard, Mesure de la Terre, 1671.