I. — ROUTES ET PONTS. 7
donner l’usage des routes et délaisser leur entretien. Lesdémembrements du territoire et l’instabilité des domina-tions locales aggravèrent encore la situation sous les roisfrancs de la première race; aussi l’histoire ne mentionne-t-elle qu’un petit nombre d’ordonnances, destinées à com-battre les empiétements sur la voie publique.
Charlemagne institua des commissaires impériaux chargésde visiter les routes et d’y prescrire les travaux les plus né-cessaires. Ses successeurs essayèrent de remettre en vigueurYancienne coutume qui obligeait les populations à construire,restaurer ou entretenir les ponts et les routes, sous la di-rection des comtes et de leurs officiers. Nul n’était exemptde répondre à l’appel du ban. Mais l’anéantissement gradueldu pouvoir central, l’usurpation des droits régaliens et lapermanence des guerres intestines vinrent raréfier de plusen plus les relations commerciales; les routes, faute d’en-tretien , perdirent tout à fait leur viabilité.
Ce fut la foi chrétienne qui donna le signal de la réac-tion contre cet abandon déplorable. Des marchés ou foiress’organisèrent à côté des lieux de pèlerinage en renom, ensorte que l’activité voyageuse, d’abord inspirée par le sen-timent religieux, se généralisa sous l’influence des besoinsmatériels. Bientôt même cette activité s’exerça dans unesphère plus étendue sous l’impulsion des croisades. Ceslointaines entreprises rendirent plus nécessaire le rétablis-sement des communications; aussi vit-on les ordres monas-tiques, les seigneurs et les villes émancipées se mettre àl’œuvre pour aviser aux travaux les plus urgents.
L’institution des péages, dont l’origine dans les Gaulesparaît remonter à l’époque de la domination romaine, four-