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VOIES DE COMMUNICATION DE LA FRANCE.
nissait les seules ressources régulières au moyen desquelleson pût pourvoir aux dépenses de construction et d’entre-tien des ouvrages; encore ces ressources étaient-elles sou-vent distraites de leur destination au profit personnel desconcessionnaires. Les dons charitables ou inspirés par desmotifs pieux apportaient un contingent de quelque impor-tance, car on considérait comme œuvres méritoires l’ouver-ture et l’amélioration des routes, ainsi que l’établissementde ponts sur les rivières. C’est spécialement en vue de cesderniers ouvrages que fut fondé l’ordre des Frères Pontifes,illustré, vers la fin du xn e siècle, par saint Benezet, cons-tructeur du pont d’Avignon. Un siècle plus tard on retrouveces religieux construisant le pont Saint-Esprit, sur le Rhône,avec le concours d’une confrérie de femmes. L’histoire si-gnale après eux plusieurs moines ingénieurs, constructeursde grands ponts.
Si incomplète et défectueuse que fût, pendant le régimepurement féodal, l’organisation des grands fiefs, elle avaitdu moins son autonomie, sous la réserve purement hono-rifique de la suzeraineté du roi. Chaque seigneur gouvernaitson fief, comme le roi son propre domaine. Mais à mesureque l’autorité royale s’infiltra à travers les éléments de cerégime, la confusion des juridictions produisit une véritableanarchie administrative. Les attributions de voirie se par-tagèrent entre les prévôts, agents des seigneurs, et les ma-gistrats établis par le roi; de là d’innombrables conflits.Parfois les délégués du pouvoir central, chargés de répri-mer les abus, firent usage de leur mandat pour commettredes exactions personnelles; des faits de ce genre sont si-gnalés dans les ordonnances royales des 26 juillet t 3 5 8 et2-5 mai 1 lu 3 .