III. —NAVIGATION INTÉRIEURE.
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bords de la Seine dès le début du xu e siècle; elle s’ap-pelait la Hanse des marchands de l’eau de Paris. Au commen-cement du siècle suivant, elle obtint de Philippe-Augustel’autorisation de construire le port de l’Ecole et de pourvoirà la dépense en prélevant un octroi sur les denrées trans-portées par eau.
Des associations analogues existaient sur la Garonne,le llhône et la Saône. Sur la Loire, on rencontrait, à la mêmeépoque, une puissante corporation de marchands navigateursqui semble se rattacher à l’antique collège des Nautœ Lige-rici. En 1 fio 2, cette compagnie marchande obtint du roiCharles VI, par lettres patentes, l’autorisation de préleverun octroi pendant quatre ans sur les bateaux et denréesfréquentant la Loire, afin de soutenir ses procès contre lesseigneurs féodaux. Ce droit fut successivement prolongé;en ifi82, Louis XI en affecta les produits aux réparationsdu fleuve et à l’entretien de la navigation; on l’appela droitde boête, parce que ses produits étaient recueillis dans desboîtes spéciales, placées sur les rives du fleuve; il futétendu par Charles VIII à toutes les voies navigables duroyaume (ordonnance de mars i fi98).
Les corporations avaient qualité pour procéder, d’of-fice et nonobstant l’opposition des riverains, au curageet au balisage des rivières, à l’enlèvement des obstaclesencombrant les passages, à l’établissement et à l’entretiendes hausserées (chemins de halage). Elles préposaient desdélégués choisis dans leur sein pour surveiller ces tra-vaux. Le service de la voirie fluviale resta ainsi purementlocal jusqu’au Avi e siècle; cependant la première atteinteque reçut ce régime date de i 5 o 8 , époque à laquelle
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