82
VOIES DE COMMUNICATION DE LA FRANCE.
Invasions
barbares.
Corporations
batelières.
Que devint cette organisation lors des invasions bar-bares? l’histoire reste à peu près muette à ce sujet. Onsait que la race franque tenait en médiocre considérationles gens qui s’adonnaient au commerce, mais que, touten laisant peu de cas du marchand, elle protégeait le né-goce.
Charlemagne, dans une de ses lettres au roi (Ma, ditqu’en son royaume les marchands sont placés sous son pa-tronage direct et la protection des officiers de justice.Plusieurs capitulaires témoignent du soin qu’on prenait alorsd’assurer les communications fluviales. En fait, les coursd’eau naturels constituaient des chemins pour ainsi direimpérissables, n’exigeant, contrairement aux routes, aucunentretien. Le monopole des transports incombait d’autantplus aux rivières que les voies de terre devenaient moinspraticables. C’est par eau que devaient circuler la plupartdes produits du sol et d’autres objets de nécessité première,dont le commerce ne saurait disparaître dans l’état socialmême le plus barbare.
Les invasions des Normands et l’établissement de la féo-dalité apportèrent à l’industrie batelière les plus sérieusesentraves. A chaque pas, les vexations et le pillage mena-çaient le trafiquant voyageur; de ces abus naquit la résis-tance qui, pour devenir efficace, s’appuya sur l’association.Les anciennes corporations batelières reparurent; elles pour-vurent d’elles-mêmes à la police que l’Etat ne faisait plus;elles obtinrent des chartes, se placèrent sous l’égide royaleet s’en couvrirent contre les seigneurs.
Une de ces corporations se montre organisée sur les