IV. — PORTS DE MER.
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On estime à environ 9 millions de livres la dépense faitepar l’État en travaux extraordinaires dans les ports de com-merce de la France, pendant la période 1781-1790.
Sur cette somme, 1,600,000 livres ont été consacréesau port de Dunkerque; 2,100,000 livres ont été dépenséesà Dieppe pour la construction d’une écluse de chasse et d’unmôle de garantie; 3,200,000 livres ont été accordées auport du Havre, qui exigeait un agrandissement considérableet de puissantes chasses. D’autres travaux ont été faits àSaint-Valery-sur-Somme, au Tréport, à Saini-Valery-en-Caux,à Fécavip, à Rouen, à Honjleur, à Granville, aux Sables-d’O-lonne, à Saint-Jean-de-Luz, à Port-Vendres.
Un grand ouvrage ressortissant au ministère de la marinefut, en outre, confié aux ingénieurs des ponts et chaussées;il s’agit de la digue de Cherbourg. Le projet, rédigé en 1781par M. de Cessart, consistait à établir, à une demi-lieue aularge, une digue à claire-voie, de 2,000 toises de longueur,au moyen d’une file de cônes tronqués, construits en char-pente et remplis de pierres. Ces cônes devaient avoir 45 m ,5ode diamètre à la base, i9 m ,5o de diamètre au sommet et19“,5o de hauteur; leurs hases devaient se toucher aufond de l’eau; chacun d’eux exigeait pour sa construction80,000 pieds cubes de bois de charpente et devait contenir1,700 toises cubes de pierres. La première caisse, établieau Havre, puis démontée, envoyée à Cherbourg et recons-truite sur la plage, près du chantier Ghantcreyne, fut en-tourée à la marée basse de deux ceintures de tonneaux vides,Tune intérieure, l’autre extérieure. Le Ilot de la maréemontante souleva cet appareil et permit de le remorqueren place. Il suffit, pour immerger la caisse, de couper les
Commencement
de
la diguede Cherbourg.