V. — PHARES ET BALISES.
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voyaient la lumière en tous sens, au lieu de la concentrerdans les directions utiles. L’insuffisance de ce mode d’éclai-rage provoqua des plaintes de la part des navigateurs et leurfit réclamer le retour aux feux de charbon qu’on avait, de-puis quelques années, substitués aux feux de bois.
Teulère, ingénieur en chef de la province, proposa, dansun remarquable mémoire daté du 26 mai 1783 : de rem-placer les lampes à mèche plate par des lampes à doublecourant d’air; de donner à chaque réflecteur la forme d’unparaboloïde, au foyer duquel on placerait la flamme, demanière à concentrer la lumière dans un faisceau horizon-tal; d’animer enfin l'appareil d’un mouvement de rotationautour d’un axe vertical, pour promener successivement lalumière sur tous les points de l’horizon. Après quelquesessais jugés satisfaisants, on construisit, d’après les idées deTeulère, un grand appareil catoptrique qui fut établi surla tour de Gordouan, nouvellement exhaussée. Les réflec-teurs, au nombre de douze, étaient répartis en trois groupes;ceux d’un même groupe étaient superposés et dirigés dansle même sens. Les trois faisceaux de lumière ainsi obtenusétaient espacés de 120 degrés, c’est-à-dire qu’ils divisaientla circonférence en trois parties égales. Le rotation étaitcalculée de manière à faire succéder les éclats de deux endeux minutes.
Ce nouveau système d’éclairage constituait un immenseprogrès; aussi fut-il adopté par la plupart des puissancesmaritimes. Sauf les proportions et quelques détails de cons-truction, nos appareils catoptriques actuels les plus usitéssont entièrement conformes à ceux de Teulère.
Photophore
de
Teulère.