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Tome premier.
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IIISTOIRE DE LA CJIH1IE.

tenebres, comrne si la loi du contraste devait s’accomplir par-tout nöcessairement.

La Science, cette grande Manifestation de l’öquilibre entrePintelligence et la matiere, entre l’experience etla raison, com-mence a se montrer, revetue de ses formes söveres, et entouree depreuves propres a convaincre plutöt la raison, qui tend sans oessevers l’unitö, qu’ä parier ä l’imagination, qui se platt dans la Va-riete des choses.

Pour bien fixer les idees, citons un exemple. Tout le mondeconnait les accidents d’asphyxie qui arrivent dans les mines. Lesanciens les expliquaient par la prösenced’airs irrespirables, qui,disaient-ils, öteignent la lampe du mineur en mßme temps quela vie.

Pour les alchimistes, ce n’ötaient plus des airs irrespirables,mais des d4mons malins qui egaraient l’ouvrier dans les mines,et l’y faisaient pörir traitreuseinent.

Enfin, revenant ä l’idöe premiere apres s’en etre öcartee, l’ob-servation dömontre aujourd’hui seientifiquementce que les an-ciens n’avaient entrevu qu’idealement.

Mais ce n’est pas seulement le developpement de la chirnie quiprdsente les phases indiquöes. Laphysique, l’astronomie, toutesles Sciences, presque toutes les connaissances humaines, pa-raissent, dans leur marclie, suivre la meine voie.

Autre exemple. Qu’est-ce qui fait monier l’eau dans un corpsde pompe?

Yitruve, l’organe de la Science de l’antiquitö, rdpond que c’estl’air; mais il n’en donne aucune demonstration.

Les physiciens du moyen ä-ge pretendent que c’est l’horreur duvide, et ils fimettent ici des tliöories sans fondement.

Enfin, personne n’ignore que l’opinion de Yitruve est aujour-d’hui, apres un Intervalle de pres de vingt sifecles, confirmeeet dtimontree scientiliquement.

Un dernier exemple. Pythagore enseignait que la terre tourneautour du soleil, et que celui-ci occupe le centre du monde.

Plus tard, on enseignait tout le contra!re. Enfin Kopernikfonda la Science sur une idde qui s’etait d’abord prdsentee augenie de Pythagore, comrne une de ces conceptions qui ne sedemontrcnt pas.

Ainsi, la verile est presque toujours meconnue, souvent re-poussee, lorsqu'elle vient s’offrir en quelque sorte d’elle-möme