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HISTOTRE DE I.A CI1DIIE.
Le passage suivantrappelle la doctrine d’Anaxagore : « L’eau,eil se condensant, se change en pierres et en terre; la terre dis-soute et ddcomposee devicnt, en s’evaporant, de l’air; l’airenflamniö devient du feu; le feu comprimö et eteint redevientde l’air; h son tour, Fair condense et bpaissi se transforme ennuagcs et en brouillard; les nuages, en se condensant encoredavantage, se resolvent en eau; l’eau se change de nouveau enterre et en pierres : tont cela forme un cercle, dont toutes lesparties semblent s’engendrer les unes les autres (1). »
La nature des quatre elements dtait expliquee par la doctrinemystique des triangles, dont Platon parle avec beaucoup de re-serve, et ä laquelle il ötait interdit d’initiev les profanes. « Unebase, dontlasurface est parfaitement plane, se compose de trian-gles. Tous les triangles derivent de deux triangles; ces deuxtriangles (designes dans le texte avec beaucoup d’ambiguitö) sontle triangle isocfde, et le triangle rectangle scalene. Teile est,continue Platon, Porigine que nous assignons au feu et auxtrois autres blömenls. Quant aux principes de ces triangles eux-mömes, Pieu, qui est au-dcssus de nous, et, parmi les hommes,ceux qui sont les amis de Dieu, les connaissent (2). »
Nous avons souvent montre Comment l’espritbumain peut at-teindre la vörite par une sorte d’inspiration. Le passage sui-vant en offre un exemple : « L’eau, ddcomposee (divisöe) parle feu, peut devenir un corps de feu ou deux corps d’air. » —L’eau se compose, en esset, de deux especes d’air (gaz),d’oxygene et d’hydrogene. Ce dernier s’appelait aussi air de seu,— « Quant ä l’air, lorsqu’il est decomposö, d’une seule de-ses par-ties peuvent naitre deux corps de feu (3). »
« Le cercle de l’univers, qui comprend en soi tous les germes,et qui, par la nature de sa forme spherique, aspire ä se con-centrer en lui-möme, resserre tous les corps, et ne permet pasqu’aucune place reste vide. C’est pour cela que le feu principa-lement s’esl infiltrd dans toutes choses ; ensuite l’air, qui vientapres le feu pour la tdnuitö de ses parties, et les autres corpsdansle meine ordre.... Outre cela, il saut songerqu’il s’est formeplusieurs especes de feu : la (lamme d’abord, puis ce qui sort dela flamme; enfin, ce qui reste de la (lamme, apres qu’elle est
(1) CEavres de Platon, trad. par V. Cousin, t. xu, p. 153.
(2) lbid., p. 162.
(3) lbid., p. 168.