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Tome premier.
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I1IST0IRE T)E LA CIITMIE.

point fondees sur des faits positit's, sont susceptibles de toulessortes d’interprötation. II n’en est pas de möme des faits quePobservation peut vörifier en tont temps; ceux-la, on peut lesciter sans s’exposer ä des equivoques. Malheureusement, ils sonten petit nombre, malgre Pespbce de culte qn’Arislote profes-sait pour la methode experimentale.

Moins habile dialecticien, mais plus naturaliste que Platon,Aristote dmit sur la mattere et sur le mouvement des idöesqui ont fall longtemps autoritö dans les dcoles, mais qui n’ontpas aujourd’hui une grande valeur scientifique.

Aristote admeltait, cornme Platon, quatre ou plutöt cinq öte-ments : deux elöments opposds, la terre et le feu; deux internte-diaires, l’eau etl’air; et un cinquieme, l’ether (1), plus mobileque le feu dont leciel serait fornte, et d’oü il fait aussi döriver lachaleur des animaux.

Dansplusieurspassages des Ueteorologiques, il est question dela Vaporisation de l’eau par la chaleur, etde sa condensation parle froid. Ce fall, d’une observation vulgaire, devait nalurelle-ment conduire ä la ddcouverte d’un des procedes les plus im-portants de la chimie, la distillalion. Si la distillation n’est pasddcrite par Aristote en termes aussi explicites qu’on pourrait ledesirer, au moins Pest-elle par son commentateur Alexandred’Aphrodisie, qui vivait environ six cents aus apres Aristote (2).

Voici le passage d’Aristote qui devait suggerer ä son commen-tateur l’iriöe de la distillation :

« L’eau de mer est rendue potable par l’evaporation; le vin ettous les liquides peuvent 6tre soumis au meme procödd : apresavoir <5lö reduits en vapeurs humides, ils redeviennent li-quides (3). »

Ce passage aurail du conduire ä la decouverte de l’esprit-de-vin.

Dans un autre endroit {Meteorolog., lib. i, c. 34), Aristote ex-plique tres-bien la formation de la rosee par la condensation desvapeurs d’eau suspendues dans Pair, qui vont se prdcipiler surla terre par l’action du froid. 11 ajoute, avec sa sagacitö ordi-naire, que la neige n’est que de l’eau congelee par un degrö de

(t) Ce inot vient (le Lei Oew, je cours tonjours.

(2) Compar. Problem, sed. 23, oü il est egaleinent queslion de l’ean de merrendne potable, et d’une bulle qn’on retirait arlisiciellement du sei.

( 3 ) Meteorolog, lib. », c. 2. — Alexandr. Aplnodis., in Meteorolog. Comment.lib. ii,15 (in-4°, 1548, Venise)