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HISTOTRE DE LA CHIMIE.
Le tonnerre 61 les Eclairs sont, suivant Aristote, produits pardes esprits subtiis, qui s’enflamment avec bruit, ä peu pres commele bois, qui, en brülant, fait quelquefois entendre un petillement.L’eclair, ajoute-t-il, est un espril incandescent (1).
Nous pourrions faire ici un rapprochement curieux enlre lesiddes d’Aristote et une opinion dmise deux mille ans plus tardpar un des fondateurs de la chimie moderne, ßerthollet, quisoutenait que le tonnerre et l’eclair etaient I'esset de la combus-tion des gaz hydrogene et oxygdne dans les rägions supdrieuresde l’atmosphere (L).
« Le bois, continue Aristote, se compose de terre et d’air;c’est pourquoi le bois est combustible et non liquöfiable. Lescorps peuvent etre divisds en liquefiables, et en non liquesiables.Ces effets proviennent des causes contraires; car tont corps quele froid etle sec coagule estndcessairement liqudfie par le chaudet l’humide... Les corps, que l’eau ne dissout pas, le feu lesdissout; et cela tient ä ce que les pores de ces corps sont plusouverts au feu qu'ä l’eau. » ( Meteorolog ., lib. iv, text. 30, Com-ment. Alex. Aphrod.)
II estk remarquer qu’Aristote n’emploie qu’un seul et mdmemot (-riixecGai) pour designer la dissolution aqueuse et la fusion(liquefaction) par le feu. II considörait la fusion des metauxcomirie une pendtration des particules du feu dans les pores deces mdlaux, de mdme qu’il supposait une pdndtration des parti-cules de l’eau dans la dissolution des corps.
Un fait bien observd et nettement formule par Aristote, c’estcelui de l’evaporation de l’eau, proportionnellement ä Iasurfaceque celle-ci presente. «L’eau que l’on conserve, remarque-t-il,dans une coupe, s’evaporetrds-lentement, tandis que cette mdmequantite d’eauversee sur unetable s’dvapore tres-promptement.
( Meteorolog ., lib. ii, text. 7, Alex. Aphrod.)
11 ne faudrait pas se laisser sdduire par le titre d’un traite d’A-ristote, qui porte le nom de Physique: on n’y trouve que des con-ceptions thdoriques sur le stni, sur l’infini, sur l’espace, sur letemps, le mouvement, la matiere, etc. Ces conceptions ne se-raient guere du goüt de nos savants; d’ailleurs, elles interesse-
(1) Fulmen Spiritus accensum. Meteorolog., lib. ii, text. 50, Comment.Alexand. Aplirodis.
(2) On sait que ces deux gar, mfelds dans des Proportion» convenables, britlentavec ddtonalion au contact d une flamme, et donnent ainsi naissance ä de l’eau.