PREMIERE EPOQIIE. 125
op. De lä les expressioris aurum publicum, aurum coronarium, a.lustrale, a. glebale, elc.
A une dpoque plus recente, Charlemagne et ses successeursa valent soin d’ordonner (comme le montre le texte des Ca-pitulaires) que les monnaies, et surtout celles destinees k sol-de r l’impöt, fussent pures et de bon poids : denarii ex omnibusmonelis meri ac bene pensantes.'
L’alteration des monnaies fut de tout temps un crime assezrdpandu : les souverains eux-memes en avaient donnd 1’exemple.
Cependant, comme ditle proverbe, a quelque chose malheurest bon. 6'est a la fabrication des fausses monnaies que nous de-vons 1’art de 1’essayeur. Pline 1’aftirme en ees termes :
« Les uns, dil-il, alterent les monnaies en y ajoutant du cui-vre, les autres font une soustraction du poids-legalement stabil,et qui est tel que 84 deniers pösent exactement une livre. G’estpourquoi on institua par une loi l’art d’essayer les monnaies (arsdenarios probandi). Gelte loi etait siagreable au peuple, qu’oneleva ä Marius Gratidianus, qui 1’avait fait porter, des statuesmassives dans loutes les rues de Rome. G’est une merveille devoir que, dans cet art des faux monnayeurs, le vice seul demandeune etude ( mirumque, in hac artium sola vitia discuntur ); unepiece fausse est conservee comme un modele, et s’achete au prixde plusieurs pieces de bon aloi (1). » '
On voit, par ce passage de Pline, que les fausses monnaiesconsistaient principalement dans l’alteration ou 1’abaissement dutitre. II existaitaussi de fausses monnaies par la substitutiori del’etain ou d’un alliage de plomb et d’ötain k l’argent. On a meinerencontrö des monnaies fourrees, remontantau temps des premiersempereurs romains; ce sont des monnaies de fer ou de cuivrerecouvertes de minces lames d’argent. Gependant beaucoup deces monnaies, qu’on a regardees comme fourrees, sont faitesavec des alliages trks-peu homogenes; ce qui arrive toujourslorsque le titre est trop bas, et que le cuivre y entre dans desproportions trop fortes par rapport a l’argent. L’histoire nousapprend qu’Antoine, Caracalla, Heliogabale et Alexandre S6vere
(1) Pline, Hist. nat., xxxui. 46. — Les anciens savaient non-seulementreconnattre lapurete de l’argent ou de for par la pierre de touche, par le son ouPodorat, comme le parail insinuer l’auleur (M. Mongez) des MCmoires surl’art du monnayage chez les anciens, etc.; maisils saisaient dejä, comme nousvenons de le voir, usage de la coupellation.