Band 
Tome premier.
Seite
145
JPEG-Download
 

PREMIERE EPOQUE.

14, 'i

ä-dire qui n’a pas besoin d’etre traite par le feu, comme uneautre espüce de soufre appetee gleba ( minerai de sousre).

Le soufre etait employö en fumigations dans les ceremoniesreligieuses et mystiques (1), non pas seulement ä cause de sonodeur particultere, suffocante, mais surtout ä cause de sasingultere flamme livide, qui, comme dit Pline, « communiquedans l’obscurite, aux figures des assistants, la päleur desmorts (2). »

« Le soufre est, continue le irteme auteur, de toutes les ma-tteres, la plus inflammable; ce qui fait voir qu’il renferme enlui une grande force de feu : Quo apparet ignium vim magnametiam ei inesse. »

Ces paroles ne rappellent-elles pas la thdorie Stahlienne, d’a-pites laquelle le soufre et le charbon sont les substances les plusriches en phlogistique?

II ne saut donc pas s’etonner qu’un traducteur de Pline (M. deSivry), vivant vers le milieu du dernier stecle, eut traduit cepassage, de la mantere suivante : « Ce qui fait voir que le soufrecontient beaucoup de phlogistique (3). »

Le soufre ne servait pas seulement en fumigations, mais iletait encore, comme aujourd’hui, employd pour soufrer desmhches, et dans le blanchiment des etoffes de laine [ad suffien-das lanas candorem mollitiemque confert ).

Les eaux Ihermafes et les pröparations sulfureuses dtaient,comme elles le sont encore aujourd’hui, prescrites comme tres-efficaces dans le traitement des maladies de la peau (4).

Malgre les nombreux usages du soufre, on devait ignorer,jusqu’ä notre dpoque, ce qui se passe pendant la'combustion dusoufre. L’acide sulfureux n’apparait que dans la chimie des gaz.

§ 33.

Sels alcalins.

Aucun des sels alcalins ntetaitautrefois connua 1’etat de puretd.Les epilhctes de rouge, jaune, gris, bleu, appliquees a ces sels,

(1) Oilyss., xxii, 481; Juvenal, Safir., II, 157 ; Ovide, Fusi., IV; Properce,Fdeg., iv, 9

(2) Pallorem dirum, vehit defunctorum. Pline, xxxv, 15.

(3) Histoire naturelle (le Pline, traduite en fraiiQais, t. xi, p. 349.

(4) Pline, xxxv, 15. Aufert licheniis et lepras.

I1IST. de la cunni:. — t. i.

10