PREMIERE EPOQBE. 155
uns enfin, refutant a leur maniere ces deux opinions principales,cherchaienlä en dtablir d’aulres egalement inadmissibles.
A nolre jugement, les vases murrhins n’dtaient autre cboseque des vases de cristal opaque. D’abord les auteurs anciens quien parient les placent eux-mömes dans la möme classe que lesobjets de cristal (1); ensuite, ces vases avaient ä peu pres lamöme dpaisseur que ceux de verre; enfin, malgreles taches lac-tescentes ou colorees (qu’on obtienl facilement en faisant fondrela matiere vitreuse avec du pbosphate de chaux et des sels de ferou de plomb), ils conservaient encore une certaine transpa-rence.
Mais ce qui vient surtout ä l’appui de untre opinion c’estque, d’apres ce qu’en rapportent les anciens, ces vases ne pa-raissaient pas pouvoir supporter unetempörature elevde, sans sedeformer ou meine se fondre. Enfin, Pline Iui-meme parle de lafabrication d’un verre blaue, qu’il appelle murrhin ( vitrummurrhinum) (2).
La matibre murrhine n’ötait pas tres-dure, s’il faul en croirePline, qui pretend avoir vu un seigneur romain ronger de plaisirle bord d’un de ces vases {ob amorem abroso ejus margine) (3).Ce fait aura it du suffire pour ddtruire d’avance 1’opinion quela matiere murrhine elail nolre porcelaine.
§ 43.
Silice. — Verres (silicaies alcalins artiliciels).
La silice (pierrek fusil, silex) constitue, apres la chaux, la plusgrande partie de la croule terrestre. Le sable, les roches arena-ti) C’est ainsi que Martial plaisanle sur les conpes, doni le ddfaut de transpa-renee inasquait la qualitd du vin :
Nos bibimus vitro, tu myrrba, Ponlice : quare?
Prodat perspicuus ne duo vina calix (Lib. >v, Epig. 80.)
Ailleurs (lib. xui, ep. 110 et lib. x, ep. 80), ces infimes vases sont dfisignfiscomme peints et ayant des couleurs distribufies par plaques :
Surrentina bibis ? nec murrbina picta, nec aurum sume.
Piorat Eros, quoties maculosae pocula murrliae inspicit.
Oomp. Sfineque, de Beneficiis, VII, 9, et Epislol. CXIX, 4 et CXXIII, 6.
( 2 ) Pline, xxxvii, 7.
(3) Pline , xxxvii, 7.